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Santé publique
Dominique de Villepin l'a annoncé courant octobre. Dès le 1er février prochain, il deviendra interdit de fumer dans certains lieux publics, les bars-tabac, discothèques et restaurants disposant d'une année supplémentaire pour s'adapter. Une décision qui fait réagir, de Renaud, composant une chanson encourageant à délaisser la cigarette, à Nicolas Sarkozy, qui la juge disproportionnée.
Cette fois, on y est. Malgré l'approche des échéances électorales, Dominique de Villepin a tranché. Début octobre, le Premier ministre a annoncé la prochaine interdiction de fumer dans les lieux publics. Une décision dans l'air depuis déjà quelques mois, après une première annonce de Xavier Bertrand, ministre de la Santé, en août dernier. La majorité a pris son temps pour affirmer sa position. Reste que, au nom de "la santé publique", le chef du gouvernement a choisi.
Son projet prendra la forme d'un décret, a priori publié courant novembre. Ceci, afin qu'il puisse prendre effet dès février prochain. Plutôt que d'étoffer la loi, Dominique de Villepin a donc favorisé "la voie réglementaire", plus rapide. Pour justifier cette décision, il s'est appuyé sur les travaux de la mission parlementaire, qui estime à 65 000 le nombre de décès annuels en France à imputer au tabac. Pourtant, cette mission présidée par Claude Evin - déjà auteur, en 1991, d'une loi qui porte son nom, relative à la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme - préconisait une interdiction totale au 1er septembre 2007. Le Premier ministre a opté pour une autre voie, celle d'une interdiction en deux temps.
Au 1er février, seuls certains types d'établissements seront concernés, à savoir "les écoles, les lycées, les collèges, les administrations, les entreprises (et) les magasins". Les discothèques, restaurants et autres bars-tabac disposeront d'un sursis d'une année.
Le montant des amendes déjà fixé
Tous les lieux publics devront afficher non-fumeurs au 1er janvier 2008. Comme souvent, c'est par le porte-monnaie que l'on sanctionnera les récalcitrants. Surpris en train de fumer dans un lieu public coûtera 75 euros. De quoi dissuader, à la longue, de sortir son briquet de sa poche. Et les gérants d'établissements devraient aider ceux qui ne parviendraient pas à se contrôler. Pas forcément par compassion, mais parce qu'une épée de Damoclès pointe également au-dessus de leur comptoir. Montant de la note : 150 euros.
En contraignant de la sorte les fumeurs, l'Etat espère les inciter à interrompre tout contact avec la nicotine. Si le chanteur Renaud a donné le la avec sa dernière chanson, "Arrêter la clope", cela n'empêche pas Dominique de Villepin, qui déclare n'avoir jamais fumé, de mesurer l'ampleur de la tâche. Celui-ci entend bien aider les individus motivés à passer le pas, en finançant "un tiers du coût (des) traitements". Les réfractaires, eux, trouveront écho du côté de Nicolas Sarkozy. Le week-end dernier, le ministre de l'Intérieur s'est opposé à son collègue Premier ministre, se déclarant favorable à "des adaptations géographiques". "Interdire de fumer là où on vend du tabac, c'est curieux", a-t-il poursuivi. La guerre du tabac est ouverte.