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A partir du 1er janvier 2009, le numéro du département n’apparaîtra plus obligatoirement sur les plaques d’immatriculation des véhicules. Cette réforme a déclenché la protestation de nombreux élus, désireux de protéger cette marque d’appartenance et désormais réunis au sein du collectif Jamais sans mon département. Une démarche approuvée par les Français, selon des sondages parus dans la presse nationale.
Il va falloir trouver autre chose. Coincées en famille dans les embouteillages, demander à ses enfants de deviner le département d’origine des voitures alentours a permis à bien des générations de parents de retarder l’échéance du
« On est bientôt arrivé ? ».
Pourtant, à partir du 1er janvier 2009, le numéro du département n’apparaîtra plus obligatoirement sur les plaques d’immatriculation nouvellement éditées. Désireux de « simplifier les démarches des usagers » et de « rendre plus performante l’immatriculation » (lire l’article ci-dessous), plusieurs ministères ont mis en chantier une réforme du système d’immatriculation (SIV), qui se traduira par l’apparition de plaques minéralogiques différentes.
Désormais, chaque véhicule bénéficiera d’un numéro à vie et les automobilistes n’auront plus à changer de plaque en cas de déménagement ou d’achat d’un véhicule d’occasion. A l’heure actuelle, elle se compose de chiffres suivis de lettres puis du numéro du département d’immatriculation du véhicule. A l’avenir, sur fond blanc à l’avant comme à l’arrière, elles comporteront deux lettres, trois chiffres et deux lettres (Exemple : AA-267-AA). Exit donc les 42, 69, 38 et autres 75 ou 62, une décision qui a provoqué le courroux de nombreux Français et de leurs élus.
Quelques-uns d’entre eux n’ont pas tardé à réagir. En premier lieu Richard Mallié et Alain Vidalies, respectivement députés UMP des Bouches-du-Rhône et PS des Landes, à l’origine de la naissance du collectif Jamais sans mon département. Le premier concède que « la réforme du système d’immatriculation des véhicules apparaît comme nécessaire ». Néanmoins, il regrette « la disparition de cette marque d’appartenance à un territoire, à une histoire, à un terroir et à une identité (…) parce que les numéros de département font partie de nous. C’est une évidence aussi bien historique que géographique (…) qu’il nous faut continuer à défendre ».
« Pourquoi changer ce qui fonctionne bien ? »
En milieu de semaine, 192 parlementaires avaient apporté leur soutien à cette opération. Parmi eux, on retrouve plusieurs élus du département, à savoir les sénateurs Bernard Fournier et Jean-Claude Frécon, ainsi que les députés Régis Juanico, Yves Nicolin et François Rochebloine.
Ce dernier, qui juge « pleine de bon sens » l’initiative Jamais sans mon département, ne mâche pas ses mots en ce qui concerne la réforme : « Pourquoi remettre en cause et changer quelque chose qui fonctionne bien ? Je suis pour le statut quo. » Et de se remémorer les grandes heures européennes des footballeurs stéphanois : « Les voitures immatriculées 42 se faisaient klaxonner partout en France, c’était très sympathique. » Un argument que reprend son jeune collègue Régis Juanico. « Le 42 représente une partie de l’identité culturelle et institutionnelle de la Loire, affirme-t-il. Il est important, ici, a une signification, c’est par exemple un signe que l’on retrouve sur le maillot de l’AS Saint-Etienne. »
Jean-Louis Gagnaire, lui, n’a pas adhéré à Jamais sans mon département. « A cause de propos dans lesquels je ne me reconnaissais pas », précise-t-il. Cela n’empêche pas le député stéphanois de soutenir l’initiative. Il estime que le chiffre 42 est un symbole commun qui rapproche les habitants de la Loire, « un département écartelé entre le nord et le sud ».
Les Français sont d’accord
Alors que le Conseil général de la Loire travaille sur le sujet et devrait prochainement annoncer sa “riposte”, Régis Juanico, député et conseiller général, précise que « l’objectif du collectif parlementaire est simple : demander une solution alternative afin que la réforme du SIV puisse se poursuivre, (en rendant) obligatoire la mention pour l’instant facultative du numéro de département ».
Cette action correspond aux attentes des Français selon les sondages publiés par les médias nationaux. Une étude Ifop publiée le 5 mai par l’hebdomadaire Auto plus indique ainsi que 71 % de nos compatriotes regrettent la disparition des numéros de département, contre 7 % de satisfaits et 22 % d’indifférents. Dans son édition du 11 juin, le quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France a estimé grâce à des donnés collectées en collaboration avec le CSA, que « 68 % (des Français) ne voient pas d’un très bon œil l’arrivée du nouveau système d’immatriculation ».
Malgré ce “cri du cœur”, le ministère de l’Intérieur ne semble pas décidé à revoir sa copie. Dans un communiqué daté du 4 juin, le club Jamais sans mon département a condamné « l’attitude des services du ministère ». « L’appel des Français et de 180 parlementaires à suspendre la décision de mise en place du SIV n’a pas été entendu lors de la conférence de presse organisée mercredi 4 juin, par les services du ministère de l’Intérieur, peut-on lire. Pis encore, les propos tenus par le ministère à l’endroit des membres de Jamais sans mon département apparaissent comme scandaleux et déplacés de la part de représentants de l’administration. En effet, ils ont dénigré l’action de 180 représentants de la Nation en les invitant à cesser “leurs fantasmes” et “leurs caricatures”. » Gare à la sortie de route.