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Candidat socialiste à la mairie de Saint-Etienne, Maurice Vincent tenait jeudi 7 février l'une de ses réunions de quartiers dans l'amicale de la rue Jean-François Revollier. L'occasion de dévoiler les axes de son programme électoral et de répondre aux interrogations des Stéphanois. Ambiance.
Michel Thiollière avait tiré le premier côté boites aux lettres. Le socialiste Maurice Vincent, l'un de ses challengers à la mairie de Saint-Etienne, a réagi. En organisant ce jeudi soir sa réunion publique pour les quartiers de Carnot, Montaud et Chaléassière, quand celle du maire n'aura lieu que mardi.
C'est donc dans l'amicale de la rue Jean-François Revollier, proche de Bergson, que Maurice Vincent a poursuivi son marathon électoral, avec cette dix-septième "Réunion de quartier" en l'espace de trois mois.
A l'entrée, des plaquettes de campagne à l'image de la vedette du jour ornent une petite table rouge. Pas d'erreur, c'est bien là. Dans la grande salle, aux murs peints d'un jaune flashy, les organisateurs ont choisi de ne pas placer la table de parole sur la petite scène, où seule trône une enceinte, mais juste devant la centaine de chaises couleur saumon déployée. Comme à l'école, beaucoup ont pris place au fond. "Approchez-vous, cela fera plus intime", glisse un des responsables. La moyenne d'âge frôle la soixantaine, seulement contrariée par quelques jeunes hommes.
Avec une petite dizaine de minutes de retard sur l'horaire annoncé – le temps de laisser les derniers retardataires prendre place –, Maurice Vincent s'installe sur une chaise visiblement plus confortable, en mousse rouge. Entouré du député de la circonscription, Régis Juanico, et de Rémy Godde, candidat aux cantonales sur le secteur, il s'empare du micro, assis juste devant une affiche à son effigie. Costume sombre, chemise et cravate bleue, il affirme sa volonté d'une présentation courte, "pour éviter les monologues et aller à l'essentiel : vos questions". Avant de présenter son projet, il rappelle que c'est tout près de là, à Montaud, qu'il a vu le jour en 1955 et qu'il a longtemps vécu, lui qui réside désormais à la Vivaraize.
Son programme, annonce-t-il rassemble la gauche, Verts exceptés, avec une volonté d'aller au-delà de ces clivages. Ce soir, il insiste sur plusieurs axes : la relance de la ville, avec la création de nouveaux emplois et l'accueil de nouvelles entreprises car "elle continue de perdre des habitants et peine à retenir ses jeunes" ; favoriser les services de proximité, à savoir agir pour la propreté, l'entretien des rues, l'éclairage public ou encore les transports en commun, "où le bilan sortant n'est pas positif", "on ne peut pas vouloir une ville attractive tout en laissant des quartiers délabrés" ; reprendre en main les services publics tels que l'eau – "nous renégocierons ce contrat, qui n'est plus acceptable, avec la Stéphanoise des eau" –, la cantine scolaire ou le stationnement payant, qui ne sera pas supprimé mais pour lequel "l'intérêt public doit reprendre le dessus" ; la solidarité, avec la lutte contre la pauvreté et l'accompagnement des personnes âgées ; instaurer une démocratie de proximité, "une quasi révolution", avec la volonté de revoir le fonctionnement des conseils de quartier, qui doivent être ouverts aux associations et aux citoyens qui le désirent.
Voilà pour une partie du programme. Pendant ce laps de temps, un stylo, une feuille ainsi qu'une pochette jaune circulent dans l'assistance. "C'est une feuille de soutien, pas de présence. Vous n'êtes pas obligés de vous inscrire si vous ne le souhaitez pas", précise le socialiste. Au premier rang, on se montre plutôt docile, se refilant assez rapidement la patate chaude.
Régis Juanico intervient, avant de rejoindre une autre réunion, de manière plus incisive pour défendre le commerce de proximité et l'emploi, arguant que "ce quartier a beaucoup d'atouts : une gare, le tram, une histoire, la manufacture, le Giat".
Place enfin à la séance de questions/réponses. Sollicité sur le thème des infrastructures routières, Maurice Vincent répond : "On n'est pas des fanas de l'autoroute, mais nous sommes favorables à l'A45 en plus de l'A47, car il y a un vrai problème de liaison entre Saint-Etienne et Lyon, dans une région dynamique qui gagne des habitants, sauf à Saint-Etienne. Elle ne résoudra pas toutes les difficultés, mais offira de nouvelles possibilités aux entreprises." Concernant le dossier de l'eau, la préfecture de la Loire fait partie des villes au m3 les plus élevés de France. "Il faut gratter les prix et faire prendre plus de dépenses à la charge de la Stéphanoise des Eaux" et pourquoi pas réfléchir au retour d'une régie municipale, a-t-il rétorqué. Quand à Saint-Etienne Métropole, il affirme que "Thiollière a mangé son pain blanc, en multipliant le déficit par six depuis 2001 pour ses grands projets. Il faut revenir sur terre. Je suis donc contre l'allongement de la voie de tram. D'ailleurs, les autres maires lui diront non". En ce qui concerne Geoffroy-Guichard, qui dépend de l'agglomération, Maurice Vincent concède qu'il "devra être modernisé, mis aux normes. Mais il faut faire un stade utile. Pourquoi 50 000 places alors que le stade n'est pas souvent rempli. Pourquoi pas 42 000 ?"
Après quelques échanges à portée très locale, le candidat socialiste a répété sa volonté de ne pas augmenter les taux d'imposition. Et de diminuer les dépenses inutiles, telles que les multiples cérémonies de vœux de la nouvelle année. "La dette de la ville est de 400 millions d'euros, mais on ne peut pas espérer désendetter", a-t-il tempéré pour conclure, après deux heures de dialogue. Une soirée qui s'est conclue autour d'un verre. Quelques spectateurs étaient déjà rentrés chez eux, tandis que d'autres ont choisi d'esquiver la case buvette. Maurice Vincent participera encore à six réunions publiques avant le grand combat, a priori en deux rounds, des 9 et 16 mars.
Pour en savoir plus : maurice-vincent.fr