Plusieurs communes du canton de Feurs (Loire, 42) se sont lancées dans la promotion des énergies renouvelables. La palme de l'originalité revient à Rozier-en-Donzy, qui vient d'installer 33 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit de son église.
Bercée par un agréable soleil, Rozier-en-Donzy vit en ce mardi de la fin janvier une matinée plutôt tranquille. Presque comme les autres. Presque, car face à la mairie, juste devant l'église, des barrières métalliques ont envahi la place du 19-mars-1962. Et c'est tout juste si l'on entend le clocher sonner 10 heures. A l'origine du brouhaha, on retrouve une dépanneuse, qui dépose avec soin une nacelle jaune. Le temps de déplacer les barrières et la voici qui se déploie, pour le premier des quatre journées de travaux qui attendent cette bourgade de 1 400 âmes, limitrophe de l'arrondissement de Roanne.
À l'origine de ces aménagements, on retrouve les communautés de communes des Collines du matin et de Feurs en Forez, désireuses d'assurer la promotion des énergies renouvelables. Outre le coup de pouce financier proposé aux particuliers à travers l'opération Coup de soleil pour les inciter à faire l'acquisition d'un chauffe-eau solaire, quelques communes ont également franchi le pas, en équipant certains de leurs bâtiments en panneaux photovoltaïques.
A Jas, c'est la mairie qui a été choisie alors que Poncins s'apprête à en doter une salle de classe et Pouilly-les-Feurs le vestiaire du stade. Rozier-en-Donzy a opté pour un lieu encore plus original : le toit de son église. Mais, si l'édifice religieux, entièrement rénové il y a quelques années, captera bientôt une énergie venue du ciel, n'y voyez pas pour autant de symbolique.
"Un objectif pédagogique"
Marc Desfarges, adjoint au maire et qui suit le dossier depuis un an, explique que "au départ, cela devait se faire sur des locaux techniques". Problème, le public n'aurait pas pu apercevoir les panneaux, qui se seraient retrouvés hors de portée de vue des curieux. Or, "nous avons surtout entamé cette démarche avec un objectif pédagogique, ajoute notre homme. En plus, l'église est très bien exposée". Pour découvrir cette technologie, rien de plus simple. Il suffit de reculer dans la rue qui sépare la mairie de la Poste.
Blouson sombre et casquette vissée sur la tête, Marc Desfarges suit l'avancée des travaux d'en bas. Il en profite pour présenter l'installation. En principe opérationnelle d'ici quelques semaines, celle-ci devrait fournir une production estimée à 4 250 kWh, soit l'équivalent d'un foyer de quatre personnes. Cette énergie sera revendue à EDF – qui a l'obligation de la racheter, à un prix supérieur à celui auquel elle la revend –, "dès que les formalités administratives seront achevées". Pour cela, la municipalité s'appuie sur le Syndicat intercommunal des énergies de la Loire (Siel), qui l'a accompagnée au rythme des études de faisabilité, cahier des charges et autres démarches.
A l'issue de l'appel d'offres, c'est l'entreprise forézienne Géoclim qui a emporté ce marché public. Patrice Dupin, qui a assuré le chantier, explique qu'il a d'abord fallu "s'assurer de l'état du toit, s'équiper de harnais, détuiler, réaliser l'étanchéité, poser la structure où seront fixés les panneaux et assurer leur raccordement". Désormais, deux rangées de onze panneaux côtoient des tuiles rouges, sur une surface d'environ 33 m2.
Partenariat mairie/paroisse "sans faille"
Au niveau finition, il reste à fixer au bas de l'église un panneau chargé de rendre accessible au public le fonctionnement de ce système. Première étape : l'énergie captée est transformée en courant électrique continu. Ensuite, convertie par un onduleur en courant alternatif identique à celui du réseau électrique, elle pourra être injectée dans le réseau de distribution publique.
Menée à bien grâce à "un partenariat sans faille entre la mairie et la paroisse", dixit Marc Desfarges, cette opération a nécessité un budget de 32 000 euros. Pour le boucler, Rozier-en-Donzy a pu compter sur des subventions, à savoir 7 000 euros de la part de la région et 5 000 euros en provenance du Sénat. Pour le reste, la commune a souscrit un emprunt de 20 000 euros. Marc Desfarges évoque un autofinancement, précisant que "cette installation devrait être amortie en huit à dix ans. Sachant que la durée de vie garantie des panneaux est de dix ans, cela nous assure une dizaine d'années bénéficiaires". Si tout va bien, elle fonctionnera entre la fin février et le courant du mois de mars.
Franck Talluto
Article paru dans l'édition du 8 février de La Loire cette semaine
Candidat socialiste à la mairie de Saint-Etienne, Maurice Vincent tenait jeudi 7 février l'une de ses réunions de quartiers dans l'amicale de la rue Jean-François Revollier. L'occasion de dévoiler les axes de son programme électoral et de répondre aux interrogations des Stéphanois. Ambiance.
Michel Thiollière avait tiré le premier côté boites aux lettres. Le socialiste Maurice Vincent, l'un de ses challengers à la mairie de Saint-Etienne, a réagi. En organisant ce jeudi soir sa réunion publique pour les quartiers de Carnot, Montaud et Chaléassière, quand celle du maire n'aura lieu que mardi.
C'est donc dans l'amicale de la rue Jean-François Revollier, proche de Bergson, que Maurice Vincent a poursuivi son marathon électoral, avec cette dix-septième "Réunion de quartier" en l'espace de trois mois.
A l'entrée, des plaquettes de campagne à l'image de la vedette du jour ornent une petite table rouge. Pas d'erreur, c'est bien là. Dans la grande salle, aux murs peints d'un jaune flashy, les organisateurs ont choisi de ne pas placer la table de parole sur la petite scène, où seule trône une enceinte, mais juste devant la centaine de chaises couleur saumon déployée. Comme à l'école, beaucoup ont pris place au fond. "Approchez-vous, cela fera plus intime", glisse un des responsables. La moyenne d'âge frôle la soixantaine, seulement contrariée par quelques jeunes hommes.
Avec une petite dizaine de minutes de retard sur l'horaire annoncé – le temps de laisser les derniers retardataires prendre place –, Maurice Vincent s'installe sur une chaise visiblement plus confortable, en mousse rouge. Entouré du député de la circonscription, Régis Juanico, et de Rémy Godde, candidat aux cantonales sur le secteur, il s'empare du micro, assis juste devant une affiche à son effigie. Costume sombre, chemise et cravate bleue, il affirme sa volonté d'une présentation courte, "pour éviter les monologues et aller à l'essentiel : vos questions". Avant de présenter son projet, il rappelle que c'est tout près de là, à Montaud, qu'il a vu le jour en 1955 et qu'il a longtemps vécu, lui qui réside désormais à la Vivaraize.
Son programme, annonce-t-il rassemble la gauche, Verts exceptés, avec une volonté d'aller au-delà de ces clivages. Ce soir, il insiste sur plusieurs axes : la relance de la ville, avec la création de nouveaux emplois et l'accueil de nouvelles entreprises car "elle continue de perdre des habitants et peine à retenir ses jeunes" ; favoriser les services de proximité, à savoir agir pour la propreté, l'entretien des rues, l'éclairage public ou encore les transports en commun, "où le bilan sortant n'est pas positif", "on ne peut pas vouloir une ville attractive tout en laissant des quartiers délabrés" ; reprendre en main les services publics tels que l'eau – "nous renégocierons ce contrat, qui n'est plus acceptable, avec la Stéphanoise des eau" –, la cantine scolaire ou le stationnement payant, qui ne sera pas supprimé mais pour lequel "l'intérêt public doit reprendre le dessus" ; la solidarité, avec la lutte contre la pauvreté et l'accompagnement des personnes âgées ; instaurer une démocratie de proximité, "une quasi révolution", avec la volonté de revoir le fonctionnement des conseils de quartier, qui doivent être ouverts aux associations et aux citoyens qui le désirent.
Voilà pour une partie du programme. Pendant ce laps de temps, un stylo, une feuille ainsi qu'une pochette jaune circulent dans l'assistance. "C'est une feuille de soutien, pas de présence. Vous n'êtes pas obligés de vous inscrire si vous ne le souhaitez pas", précise le socialiste. Au premier rang, on se montre plutôt docile, se refilant assez rapidement la patate chaude.
Régis Juanico intervient, avant de rejoindre une autre réunion, de manière plus incisive pour défendre le commerce de proximité et l'emploi, arguant que "ce quartier a beaucoup d'atouts : une gare, le tram, une histoire, la manufacture, le Giat".
Place enfin à la séance de questions/réponses. Sollicité sur le thème des infrastructures routières, Maurice Vincent répond : "On n'est pas des fanas de l'autoroute, mais nous sommes favorables à l'A45 en plus de l'A47, car il y a un vrai problème de liaison entre Saint-Etienne et Lyon, dans une région dynamique qui gagne des habitants, sauf à Saint-Etienne. Elle ne résoudra pas toutes les difficultés, mais offira de nouvelles possibilités aux entreprises." Concernant le dossier de l'eau, la préfecture de la Loire fait partie des villes au m3 les plus élevés de France. "Il faut gratter les prix et faire prendre plus de dépenses à la charge de la Stéphanoise des Eaux" et pourquoi pas réfléchir au retour d'une régie municipale, a-t-il rétorqué. Quand à Saint-Etienne Métropole, il affirme que "Thiollière a mangé son pain blanc, en multipliant le déficit par six depuis 2001 pour ses grands projets. Il faut revenir sur terre. Je suis donc contre l'allongement de la voie de tram. D'ailleurs, les autres maires lui diront non". En ce qui concerne Geoffroy-Guichard, qui dépend de l'agglomération, Maurice Vincent concède qu'il "devra être modernisé, mis aux normes. Mais il faut faire un stade utile. Pourquoi 50 000 places alors que le stade n'est pas souvent rempli. Pourquoi pas 42 000 ?"
Après quelques échanges à portée très locale, le candidat socialiste a répété sa volonté de ne pas augmenter les taux d'imposition. Et de diminuer les dépenses inutiles, telles que les multiples cérémonies de vœux de la nouvelle année. "La dette de la ville est de 400 millions d'euros, mais on ne peut pas espérer désendetter", a-t-il tempéré pour conclure, après deux heures de dialogue. Une soirée qui s'est conclue autour d'un verre. Quelques spectateurs étaient déjà rentrés chez eux, tandis que d'autres ont choisi d'esquiver la case buvette. Maurice Vincent participera encore à six réunions publiques avant le grand combat, a priori en deux rounds, des 9 et 16 mars.
Pour en savoir plus : maurice-vincent.fr
L'été dernier, Cédric Varrault a quitté le premier et unique club professionnel qu'il a connu. Arrivé chez les Verts sans faire de bruit, le défenseur fait partie des satisfactions individuelles. Bagarreur sur le plan défensif, il sait aussi se muer en contre-attaquant, lui qui a déjà marqué sous ses nouvelles couleurs.
C'est l'une des bonnes surprises d'un recrutement stéphanois guère épargné par les critiques.Pourtant, bon nombre de supporters stéphanois se sont posé des questions lorsque Cédric Varrault a endossé le maillot vert avec pour mission de combler un poste de latéral gauche vacant depuis le départ pour Toulouse de Hérita Ilunga. Car bien que droitier, c'est pour sa polyvalence et son aisance sur le côté gauche, où il a évolué le plus souvent pendant six saisons, que les dirigeants stéphanois l'ont débauché de Nice l'été dernier, à un an de la fin de son contrat. Après tout, comme il le dit lui-même, "défensivement, que ce soit à droite ou à gauche, c’est le même poste".
Titulaire indiscutable et régulièrement capitaine sur la côte d'Azur, Cédric Varrault a semble-t-il été victime du "syndrome Julien Sablé". C'est à dire qu'une partie d'un public qui l'avait jusque là adulé a fini par lui tourner le dos. Depuis l'ouverture du championnat, le peuple vert, lui, n'a pas grand-chose à reprocher à son nouveau joueur.
Il faut dire qu'il incarne des valeurs appréciées du public stéphanois. Le défenseur ne rechigne pas à aller au charbon, en témoignent les séances de pose de points de suture, à l'arcade sourcilière lors de la rencontre face à Marseille puis au coup de pied à Toulouse. Egalement contrarié par une blessure aux adducteurs, le natif de Blois n'a pas encore donné sa pleine mesure. Fort de près de 200 matches parmi l'élite, il reste toutefois incontournable aux yeux de Laurent Roussey, qui se prive rarement de ses services.
Un sacré caractère
Relativement discret depuis son arrivée, Cédric Varrault n'en possède pas moins un caractère bien trempé. Demandez donc au journaliste niçois giflé dans les couloirs du stade du Ray ou au Valenciennois Grégory Pujol, victime mi-janvier d'un tacle très appuyé qui valut un carton jaune à son auteur.
Pour autant, il ne doit pas être catalogué comme un simple "bourrin". Il figure même parmi les latéraux reconnus de notre championnat. Suivi un temps par Marseille et le Paris Saint-Germain, le néo-Stéphanois a justifié cette réputation en démontrant sa capacité à aller de l'avant. Ce fut le cas face à Caen, partie lors de laquelle il offrit le troisième but à Bafé Gomis d'un centre tendu après un relais avec Dimitri Payet, mais aussi au Mans, où il signa de la tête le but du 1 à 1.
Visiblement, son intégration progresse bien. Dans la Loire, le numéro 2 des Verts a trouvé des valeurs qui lui correspondent. De toute façon, l'Aiglon s'était préparé à quitter la région qui l'a vu grandir, à voler de ses propres ailes pour aller tenter l'aventure ailleurs. Ce n'est d'ailleurs pas la première intersaison qu'il discutait avec le club forézien.
Cette fois, la négociation a abouti et c'est un élément ambitieux qui a rejoint l'escouade de Laurent Roussey. "Je suis venu ici pour franchir une étape supplémentaire par rapport à ce que j’ai connu à Nice, nous confie-t-il. (L'ASSE) est vraiment un club dans lequel j’avais envie de venir."
"Nous allons y arriver"
Reste que le classement ne correspond pas forcément aux attentes du début de saison. Cela n'empêche pas le latéral de prôner la patience envers un groupe en construction. Sans pour autant se voiler la face : "Nous avons tout de même été cinquièmes…" A vingt-huit ans – il les a fêtés le 30 janvier –, Cédric Varrault possède une certaine lucidité.
"Ce championnat est serré et que nous ne sommes pas encore distancés, explique-t-il. il faut retrouver vite la première partie. Car le risque est aussi que la seconde partie du tableau se rapproche rapidement." Une situation qu'il a bien connue avec l'OGN. Mais qu'il refuse d'envisager : "Tout le monde vous dira que pour souder un groupe, il faut du temps. Nous sommes tous conscients de ce qu’il faut faire et nous allons y arriver." A cette mission collective, Cédric Varrault doit viser un objectif individuel. Fort d'une acclimatation réussie, il ne lui reste plus qu'à s'affirmer comme un cadre de cette génération "no-limit". Et à enfin remporter des trophées, lui le finaliste malheureux de la Coupe de la Ligue 2006.
Article parue dans l'édition de février de La Gazette des Verts