L'écart s'est resserré entre Saint-Etienne et la zone rouge. Pourtant, les tensions semblent s'apaiser. Mais avec la fin du mercato et l'éventuelle arrivée d'un directeur sportif, le club stéphanois devrait faire parler de lui dans les prochains jours.
Par Rédaction Sport24.com
Franck Talluto
Notre correspondant à Saint-Etienne
Une drôle d'ambiance règne autour de l'AS Saint-Etienne. Treizièmes à la trêve avec cinq longueurs d'avance sur la zone rouge, les Verts ont depuis vu fondre un peu plus sur eux les équipes du bas de tableau. Désormais, seuls trois points les séparent d'Auxerre, premier relégable. Pourtant, la sérénité semble revenue du côté du centre d'entraînement de l'Etrat, où les supporters avaient manifesté leur mécontentement au lendemain de la défaite concédée à Valenciennes. Bizarre, lorsque l'on sait que l'équipe n'a glané que quatre unités lors des trois matches qui ont suivi.
Oui mais voilà, le public voit ses joueurs, à l'image de Blaise Matuidi, faire de nouveau preuve d'une vertu qu'il affectionne : la détermination. Bien que pas toujours sereins, Loïc Perrin et ses coéquipiers ont montré devant Rennes, Bordeaux et Lyon un tout autre état d'esprit, bagarreurs et enfin rassurants en situation défensive, loin de la passivité jusque-là affichée sur les coups de pied arrêtés. Pourtant, l'effectif a dû jongler avec les absences liées la Coupe d'Afrique des Nations, aux blessures et aux suspensions, notamment en Gironde. Sans dommages. Certains éléments-clés se seraient-ils endormis sur leurs lauriers avant de vouloir soutenir leur coach ? Toujours est-il que la pression cristallisée sur Laurent Roussey a coïncidé avec le réveil de son groupe. Une impression confortée avec le détour par le banc de touche de Bafétimbi Gomis après son but face à Lyon dimanche soir.
Un mois de mars décisif
Quelques incertitudes demeurent. Si Roussey avait exprimé son refus de se voir assisté dans une organisation à la lensoise, il n'aurait rien contre une collaboration avec un directeur sportif. Le profil de Henryk Kasperczak, sélectionneur démissionnaire du Sénégal, semblait s'imposer. Aucune décision n'a pour l'heure été officialisée. Côté mercato, on fermera boutique jeudi soir. Pourtant, les dirigeants stéphanois n'ont pas forcément renoncé à engager un voire deux éléments. Priorité à l'attaque. Depuis le départ de Lars Nilsson, seuls David Gigliotti et le jeune Maodomalick Faye (20 ans, sept buts en CFA) pourraient pallier une défaillance de Bafétimbi Gomis, Ilan ayant décidé d'évoluer plus en retrait. Motif d'espoir, les Verts disputeront huit de leurs quinze derniers matches à domicile, où ils se montrent plus efficaces. Surtout, ils vivront un mois de mars décisif avec des déplacements à Marseille et Auxerre et les réceptions à Geoffroy-Guichard de Toulouse, Lens et le Mans. On devrait alors y voir plus clair. En attendant, les Stéphanois disposent de dix jours pour bien préparer leur prochaine rencontre à Strasbourg, puisqu'ils ont déjà dit adieu à la Coupe de France.
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Avec la conception puis l'écriture des Disparus (1), Daniel Mendelsohn s'est attelé pendant cinq ans à un travail de titan. Le qualificatif convient parfaitement pour ce journaliste américain, adepte de la tragédie grecque. Enfant, il avait le don de faire pleurer les vieux juifs de sa famille, installés en Floride, rien qu'en entrant dans une pièce. En cause, sa ressemblance avec Schmiel. "Tué par les nazis" avec sa femme et ses quatre filles est longtemps restée la seule information que le jeune Daniel a pu tirer au sujet du frère de son grand-père.
Un grand-père, justement, qui lui racontait des dizaines d'histoires extraordinaires. Surtout, il les narrait en y apportant de nombreux détails parallèles, superflus au premier abord, mais qui prenaient toute leur importance à l'approche de la chute. Voilà ce qui explique que Daniel Mendelsohn, comme beaucoup d'enfants, se met à reconstituer l'itinéraire de sa famille. Autant par une curiosité aiguisée que pour satisfaire l'envie de passer du temps avec le père de sa mère.
De fil en aiguille, Daniel Mendelsohn devient un as de la généalogie et, bien aidé par les nouvelles technologies (téléphone, Internet), se met sur la piste de ses disparus. Il va remonter leur trace, à la faveur des témoignages de rescapés de Bolechow – petite ville polonaise qui a abrité la famille Jäger pendant plus de trois siècles, devenue depuis ukrainienne et renommée Bolekhiv – dont certains ont disparu pendant l'écriture de l'ouvrage. Pour rencontrer ces survivants des massacres de juifs perpétrés par les Allemands, secondés par des Ukrainiens eux-mêmes affamés par les Soviétiques quelques années plus tôt, l'écrivain n'a pas compté ses heures. Ukraine, Australie, Suède, Danemark, Israël, souvent accompagné d'amis ou de ses frères et sœurs, comme Matthew, "Matt", dont les photos ornent les pages du livre, il a pris le temps et s'est donné les moyens de confronter ces témoignages, pour démêler les faits de certains ragots de l'époque.
Au final, Daniel Mendelsohn compile dans plus de 600 pages un étonnant témoignage sur l'Holocauste. Un récit auquel il dresse en parallèle quelques passages de la Torah. Ce qui pourrait rebuter quelques lecteurs non-initiés, mais ceux-ci ne devront pas se décourager devant certains paragraphes un peu longs. L'ensemble tient la route et, malgré quelques fioritures descriptives, la lecture demeure des plus agréables. Une réussite qui devrait donner bien des idées à des généalogistes en herbe.
(1) Les Disparus, Daniel Mendelsohn, Flammario, 650 pages, 26 euros.