L'Aiglon a pris son envol
L'été dernier, Cédric Varrault a quitté le premier et unique club professionnel qu'il a connu. Arrivé chez les Verts sans faire de bruit, le défenseur fait partie des satisfactions individuelles. Bagarreur sur le plan défensif, il sait aussi se muer en contre-attaquant, lui qui a déjà marqué sous ses nouvelles couleurs.
C'est l'une des bonnes surprises d'un recrutement stéphanois guère épargné par les critiques.Pourtant, bon nombre de supporters stéphanois se sont posé des questions lorsque Cédric Varrault a endossé le maillot vert avec pour mission de combler un poste de latéral gauche vacant depuis le départ pour Toulouse de Hérita Ilunga. Car bien que droitier, c'est pour sa polyvalence et son aisance sur le côté gauche, où il a évolué le plus souvent pendant six saisons, que les dirigeants stéphanois l'ont débauché de Nice l'été dernier, à un an de la fin de son contrat. Après tout, comme il le dit lui-même, "défensivement, que ce soit à droite ou à gauche, c’est le même poste".
Titulaire indiscutable et régulièrement capitaine sur la côte d'Azur, Cédric Varrault a semble-t-il été victime du "syndrome Julien Sablé". C'est à dire qu'une partie d'un public qui l'avait jusque là adulé a fini par lui tourner le dos. Depuis l'ouverture du championnat, le peuple vert, lui, n'a pas grand-chose à reprocher à son nouveau joueur.
Il faut dire qu'il incarne des valeurs appréciées du public stéphanois. Le défenseur ne rechigne pas à aller au charbon, en témoignent les séances de pose de points de suture, à l'arcade sourcilière lors de la rencontre face à Marseille puis au coup de pied à Toulouse. Egalement contrarié par une blessure aux adducteurs, le natif de Blois n'a pas encore donné sa pleine mesure. Fort de près de 200 matches parmi l'élite, il reste toutefois incontournable aux yeux de Laurent Roussey, qui se prive rarement de ses services.
Un sacré caractère
Relativement discret depuis son arrivée, Cédric Varrault n'en possède pas moins un caractère bien trempé. Demandez donc au journaliste niçois giflé dans les couloirs du stade du Ray ou au Valenciennois Grégory Pujol, victime mi-janvier d'un tacle très appuyé qui valut un carton jaune à son auteur.
Pour autant, il ne doit pas être catalogué comme un simple "bourrin". Il figure même parmi les latéraux reconnus de notre championnat. Suivi un temps par Marseille et le Paris Saint-Germain, le néo-Stéphanois a justifié cette réputation en démontrant sa capacité à aller de l'avant. Ce fut le cas face à Caen, partie lors de laquelle il offrit le troisième but à Bafé Gomis d'un centre tendu après un relais avec Dimitri Payet, mais aussi au Mans, où il signa de la tête le but du 1 à 1.
Visiblement, son intégration progresse bien. Dans la Loire, le numéro 2 des Verts a trouvé des valeurs qui lui correspondent. De toute façon, l'Aiglon s'était préparé à quitter la région qui l'a vu grandir, à voler de ses propres ailes pour aller tenter l'aventure ailleurs. Ce n'est d'ailleurs pas la première intersaison qu'il discutait avec le club forézien.
Cette fois, la négociation a abouti et c'est un élément ambitieux qui a rejoint l'escouade de Laurent Roussey. "Je suis venu ici pour franchir une étape supplémentaire par rapport à ce que j’ai connu à Nice, nous confie-t-il. (L'ASSE) est vraiment un club dans lequel j’avais envie de venir."
"Nous allons y arriver"
Reste que le classement ne correspond pas forcément aux attentes du début de saison. Cela n'empêche pas le latéral de prôner la patience envers un groupe en construction. Sans pour autant se voiler la face : "Nous avons tout de même été cinquièmes…" A vingt-huit ans – il les a fêtés le 30 janvier –, Cédric Varrault possède une certaine lucidité.
"Ce championnat est serré et que nous ne sommes pas encore distancés, explique-t-il. il faut retrouver vite la première partie. Car le risque est aussi que la seconde partie du tableau se rapproche rapidement." Une situation qu'il a bien connue avec l'OGN. Mais qu'il refuse d'envisager : "Tout le monde vous dira que pour souder un groupe, il faut du temps. Nous sommes tous conscients de ce qu’il faut faire et nous allons y arriver." A cette mission collective, Cédric Varrault doit viser un objectif individuel. Fort d'une acclimatation réussie, il ne lui reste plus qu'à s'affirmer comme un cadre de cette génération "no-limit". Et à enfin remporter des trophées, lui le finaliste malheureux de la Coupe de la Ligue 2006.
Article parue dans l'édition de février de La Gazette des Verts