François Hollande vient booster les socialistes ligériens
Politique
En pleine campagne présidentielle, François Hollande a tenu un meeting à Saint-Étienne le 1er mars dernier. Le premier Secrétaire du Parti socialiste a profité de cette opportunité pour appuyer la candidature de Ségolène Royal et discréditer ses opposants de droite. Auparavant, il avait inauguré trois sièges de campagne socialistes en vue des législatives.
Y'a pas que la présidentielle dans la vie ! Il y a les législatives, aussi. Voilà donc la raison de la halte de François Hollande dans la Loire jeudi 1er mars. Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) est ainsi venu inaugurer les sièges de campagne de trois candidats à l'élection des 10 et 17 juin prochains, qui suivra celle de la présidence de la République… Avant d'animer un meeting au Flore, à Saint-Étienne, pour soutenir la campagne présidentielle de son parti et de sa compagne, Ségolène Royal.
20h05. Après les discours des socialistes locaux (lire notre encadré), celui que la grande majorité des présents est venue écouter se lève. S'approche du pupitre et règle le micro. Costume noire, cravate bordeaux sur chemise blanche, sourire aux lèvres, il salue. Son auditoire, mais aussi les Ligériens qui ont marqué leur temps : Aristide Briand, "avant qu'il ne dérape", Jean Auroux et Michel Durafour, ancien maire de Saint-Etienne et qui a fait le déplacement. "Sa présence démontre que quand on veut se trouver ailleurs qu'au centre, c'est à gauche", clame François Hollande. Celui-ci tente ensuite de mobiliser les gens en vue du premier tour de la présidentielle : "Je n'oublie pas qu'en 2002, dans ce département, Jean-Marie Le Pen est arrivé en tête. À nous de convaincre ses électeurs de nous rejoindre, de quitter ces solutions qui n'en sont pas." "Ceux qui pensent que Le Pen c'est fini se trompent. Rien n'indique qu'il sera à un niveau inférieur cette fois-ci", poursuit-il.
Pascal Clément et Nicolas Sarkozy visés
Pendant que, dans le même temps, Ségolène Royal s'adonne au même exercice à Mont-de-Marsan (Landes), son compagnon poursuit son tour d'horizon du paysage politique. En commençant par l'échelon local. Alors que l'affaire Berne n'est pas encore revenue sur le devant de la scène, le "chef" des socialistes dénonce le cumul des mandats. Il s'en prend de la sorte à Pascal Clément, président du Conseil général et ministre de la Justice : "Comme d'autres, il veut toutes les responsabilités, sans jamais rendre de comptes." "Dans la Loire, la droite a eu presque tous les pouvoirs. Avec, pour seul résultat, la diffusion de la précarité", insiste-t-il.
Très à l'aise, sans notes, François Hollande allume ses adversaires. Parfois drôle, parfois tranchant. Si François Bayrou en prend pour son grade, Nicolas Sarkozy n'est pas épargné. "Il déclare avoir changé. C'est donc qu'il n'était pas bien avant et qu'il changera encore", assène François Hollande. Et de tirer avantage du soutien apporté par Johnny Halliday au ministre de l'Intérieur : "S'il essaye de quitter la France avant l'élection présidentielle, c'est qu'il sait que son ami va perdre." Dernier coup de boutoir : "On ne peut pas citer Blum, Jaurès et Mitterrand tout en remettant en cause le droit de grève, les 35 heures et l'ISF (Impôt de solidarité sur la fortune). Une élection, ça ne se proclame pas, ça se gagne. Donc ne faisons pas trop attention aux sondages."
Santé, éducation et environnement, priorités socialistes
Après avoir (trop ?) longuement déblayé le terrain, François Hollande peut contre-attaquer. "Ségolène Royal est la seule à incarner le changement", assure-t-il. Avant de se féliciter du soutien apporté par les "éléphants" du PS, Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn et Lionel Jospin en tête : "Les socialistes sont insupportables quand ils se chamaillent. Mais ils sont imbattables quand ils travaillent ensemble." Le premier secrétaire du PS conclut sa prise de parole en réaffirmant les thèmes de campagne de son parti : santé, éducation et environnement.
20h55. D'une voix forte et affirmée, François Hollande harangue une dernière fois la salle : "Rassemblons-nous, n'excluons personne et rendez-vous le 22 avril. Faites en sorte que, le 6 mai, ce soit le visage de Ségolène qui apparaisse sur les écrans de télévision." Sous les applaudissements et l'hymne de campagne du PS, Bella ciao (1), François Hollande affiche une mine réjouie. Si l'affluence de ce meeting n'a pas égalé celle enregistrée lors du déplacement de Nicolas Sarkozy en novembre dernier, elle a certainement comblé les attentes des socialistes. A sa sortie du Flore, François Hollande se dégage du cortège de sécurité. Avant de repartir pour de nouvelles aventures, il prend quelques minutes pour discuter avec une quinzaine de personnes. C'est aussi ça une campagne électorale.
Franck Talluto
(1) Bella ciao, l'hymne du Parti socialiste pour cette campagne électorale, est une chanson populaire italienne. Elle a notamment servi de chant de guerre en 1943 aux opposants italiens au fascisme.
ENCADRE
Les législatives arrivent
Si l'élection présidentielle retient une bonne partie de l'attention des médias et des Français, il ne faut pas oublier les législatives. Elles se dérouleront les dimanches 10 et 17 juin. Dans ce cadre, François Hollande s'est rendu dans la Loire pour inaugurer trois sièges de campagne : ceux de Firminy, Saint-Chamond et Saint-Étienne, circonscriptions convoitées respectivement par Jean-Paul Chartron, Christiane Farigoule, Jean-Louis Gagnaire et Régis Juanico. Chacun a marqué le meeting du soir de son intervention, imités par d'autres socialistes locaux, comme Arlette Bernard, présidente du comité de soutien, et Lucien Moullier, maire de Boën, venu apporter aux socialistes le soutien des radicaux de gauche.
François Hollande, ici à gauche, peut avoir le sourire. Le meeting organisé à l'occasion de sa venue dans la Loire a fait salle comble, le 1er mars dernier à Saint-Étienne.