Charlie et ses drôles de caricatures
Demain jeudi, le tribunal correctionnel de Paris expliquera si l'on peut rire ou non de tout. Et notamment des religions. En attendant de connaître son jugement dans "l'affaire des caricatures" du prophète Mahomet, Charlie hebdo a pris les devants. Toujours avec autant d'humour. En témoigne le jeu de mots à la une du quotidien réalisé en collaboration avec la rédaction de Libération, alors que s'est ouvert ce matin le procès de l'hebdomadaire satirique. Celui-ci est poursuivi par la Grande mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France pour "injures publiques envers un groupe de personnes en raison de leur appartenance à une religion". Il lui est principalement reproché la reproduction des caricatures publiées par le journal danois Jyllands Posten ainsi que du dessin illustrant la une de l'hebdomadaire français, le 8 février 2006.
Entre liberté d'expression et respect des croyances de chacun, difficile de déterminer de quel côté va pencher la balance judiciaire. Le verdict devrait être rendu dans la journée de demain jeudi. Même si Philippe Val, directeur de la publication, en sort indemne, la presse française subira les effets collatéraux d'un tel procès. France soir, qui avait également relayé les dessins, avait essuyé les premiers plâtres. Jacques Lefranc, président et directeur de la publication, avait ainsi été limogé par Raymond Lakah, alors propriétaire du journal, le 1er février 2006.
Plantu, caricaturiste du Monde, a vécu une mésaventure presque similaire. Dans un entretien accordé accordé au blog Médias, il se souvient avoir "dessiné un Mahomet à partir de la même phrase, répétée et empilée : "Je ne dois pas dessiner Mahomet."" Et regrette que "les gens du site web du Monde, qui pratiquent le politiquement correct et le principe de précaution, (aient) remplacé mon dessin par une photo". S'il précise qu'il ne faut pas s'empêcher de "traiter les sujets qui nous tiennent à cœur", il recommande à la profession de "ne pas faire de peine à des croyants". "Il ne faut pas vexer inutilement", conclut-il.
Comments
pour ma part, je soutien Charlie et la liberté d'expression (avec un gros penchant pour eux) dans son ensemble. (voir ma dernière note). Heureux de voir que ça ne laisse pas tout le monde indifférent. Ce qui se joue actuellement au tribunal est très important pour nous tous.
merci Franck pour ton relais avec l'avis de Plantu (qui pourtant ne me plaît pas plus que ça…).