Lundi dernier, Le Premier ministre et la garde des Sceaux ont inauguré le centre de détention de Roanne. Sur fond de polémiques, François Fillon et Rachida Dati sont restés environ deux heures, le temps de visiter les lieux et d’aller à la rencontre du personnel de l’administration pénitentiaire. Les premiers détenus arriveront quant à eux dès la semaine prochaine.
L’après-midi du 19 janvier avait tranquillement démarré à Roanne. Il s’est achevé sur le départ en trombe des cortèges ministériels, dérapages sur terre battue à la clé. Plus tôt, dès 13 heures, il a d’abord fallu montrer patte blanche lors des multiples barrages tenus par les forces de l’ordre afin d’approcher le quartier de Mâtel. La quarantaine de journalistes invitée à découvrir le nouveau centre de détention de Roanne, à laquelle il faut ajouter photographes, cameramen et autres preneurs de son, peut dès lors repérer les lieux calmement et dans la bonne humeur. Malgré un ciel gris et capricieux, qui laisse échapper quelques gouttes d’eau.
Tout s’est accéléré lorsque son service de presse a annoncé l’arrivée du « PM », comprenez le Premier ministre, François Fillon. Regroupés devant l’entrée de la bâtisse construit via un partenariat public privé entre l’Etat et Eiffage, les médias s’entassent pour immortaliser le moment. Puis Rachida Dati, ministre de la Justice, débarque à son tour. Les élus locaux, parmi lesquels on reconnaît Laure Déroche, maire de Roanne, Bernard Bonne, président du Conseil général, les députés Yves Nicollin et Pascal Clément (garde des Sceaux de 2005 à 2007), le député européen Françoise Grossetête, le conseiller général Bernard Jayol, ainsi que le préfet, Christian Decharrière, entourent le binôme. Celui-ci avance difficilement de quelques centaines de mètres pour dévoiler la plaque d’inauguration. Laquelle, pour la petite histoire, comporte une faute de grammaire avec l’oubli d’un accent aigu.
DES CELLULES INDIVIDUELLES ET COLORÉES
Puis la visite à proprement parler démarre. Le flot de journalistes doit du même coup gérer l’entonnoir que constituent les couloirs, plus étroits que la cour. Certains se retrouvent de la sorte en queue de peloton. Volontairement pour quelques-uns, davantage intéressés par les cellules, individuelles, colorées et équipées de téléviseur, que par les représentants du Gouvernement. Eux-mêmes sont mis à rude épreuve, interrogés sur la polémique entourant l’inauguration de ce centre de détention, qui souffrirait selon certains témoignages de « graves malfaçons » (Libération du 19 janvier), alors que les détenus doivent arriver en cette fin janvier.
Après un passage par les différents quartiers, puis par le terrain de football, direction les unités de vie familiale. De véritables petits appartements pour permettre aux détenus d’accueillir leur famille de 6 à 48 heures (une fois par trimestre), voire 72 heures (une fois par an). Puis tout le monde se réunit à l’intérieur du gymnase où les panneaux de basket ont laissé place à des chaises grises. Pendant que Rachida Dati et François Fillon s’entretiennent avec les directeurs d’établissements pénitentiaires (une fonction « au sommet de l’échelle » des « métiers les plus difficiles de l’administration », soulignera ce dernier) des alentours, la presse reçoit le discours du Premier ministre. Que celui-ci prononcera presque mot pour mot une demi-heure plus tard.
LE « BUT N’EST PAS DE CRÉER DES “PRISONS 4 ÉTOILES” »
Extraits : « Je veux engager avec vous une politique pénitentiaire solide, moderne, juste et exemplaire (…). Sanctionner, emprisonner, réinsérer : de l’efficacité et des conditions d’application de ces trois principes dépend une certaine idée de la République que j’ai toujours défendue (…). Je veux que le monde pénitentiaire ait le courage de laisser voir, quand elles existent, ses difficultés, ses impuissances, mais je veux aussi qu’il sache mettre ses ambitions en avant, qu’il sache répondre aux reproches dont il est la cible (…), qu’il soit reconnu dans ses efforts, ses succès et ses perspectives nouvelles (…). »
François Fillon rappelle également que « le centre de détention de Roanne est la troisième livraison sur vingt-cinq attendues du programme « 13 200 ». Son but n’est pas de créer des “prisons 4 étoiles”, mais de garantir aux détenus le respect de leurs droits élémentaires – y compris le droit à une existence matérielle décente – mais surtout de faciliter leur réinsertion et de préparer leur sortie dans des conditions optimales. Si les conditions de vie des détenus sont aussi importantes, c’est parce qu’elles contribuent à la réussite de leur parcours et par conséquent sont autant de chances de prévenir la récidive. La privation de liberté est une sanction, une punition légitime, mais qui n’a de sens que si les conditions du rachat sont réunies ».
Avant d’ajouter : « En matière pénitentiaire, nous travaillons selon deux orientations (…) : la première concerne les droits des détenus, le statut des personnels, la déontologie qui règle leurs rapports ; la seconde concerne l’aménagement des peines et le désengorgement progressif des prisons. » Tout en précisant rester « intransigeant vis-à-vis des récidivistes ».
LES DÉCÈS EN PRISON
Présente à ses côtés sur l’estrade, la garde des Sceaux reste muette. Mais, tandis que François Fillon a déjà quitté les lieux, elle prend quelques minutes afin de saluer et poser pour une dernière photo aux côtés des personnels pénitentiaires. Puis reprend à son tour la route, non sans avoir esquivé les questions des journalistes quant au suicide la veille d’un individu en cellule, le douzième ou le quatorzième, selon les sources, depuis le début de l’année en France. Il leur faudra se contenter de l’allocution du « PM » : « La forte augmentation des suicides est un défi douloureux qui nous est collectivement lancé. Une mission a été confiée au Dr Louis Albrand. Ses conclusions seront très prochainement remises à Rachida Dati. »
16 heures, la “crémaillère” s’achève. Il est temps de regagner sa voiture, à environ 1 km de là. A pied ou à bord de navettes de la Star (Société des transports de l’agglomération roannaise), au choix. Le temps d’admirer les quelque dizaines de fourgons de CRS stationnés tout au long de l’artère qui mène au centre de détention.
En chiffres
Le centre de détention de Roanne, c’est :
30 800 m2 environ
600 places destinés à des détenus majeurs
6 millions d’euros de coût de fonctionnement annuel
Plus de 290 personnels de l’administration pénitentiaire, 40 personnes employées par le secteur privé et plus de 30 équivalents plein temps
2 quartiers masculins de 240 places chacun
1 quartier féminin de 90 places
1 quartier d’accueil de 30 places pour les nouveaux arrivants
1 quartiers d’isolement de 12 places
1 quartier disciplinaire de 14 places
Article paru dans l'édition du 23 janvier de Paysans de la Loire / La Loire cette semaine
A partir du 1er janvier 2009, le numéro du département n’apparaîtra plus obligatoirement sur les plaques d’immatriculation des véhicules. Cette réforme a déclenché la protestation de nombreux élus, désireux de protéger cette marque d’appartenance et désormais réunis au sein du collectif Jamais sans mon département. Une démarche approuvée par les Français, selon des sondages parus dans la presse nationale.
Il va falloir trouver autre chose. Coincées en famille dans les embouteillages, demander à ses enfants de deviner le département d’origine des voitures alentours a permis à bien des générations de parents de retarder l’échéance du
« On est bientôt arrivé ? ».
Pourtant, à partir du 1er janvier 2009, le numéro du département n’apparaîtra plus obligatoirement sur les plaques d’immatriculation nouvellement éditées. Désireux de « simplifier les démarches des usagers » et de « rendre plus performante l’immatriculation » (lire l’article ci-dessous), plusieurs ministères ont mis en chantier une réforme du système d’immatriculation (SIV), qui se traduira par l’apparition de plaques minéralogiques différentes.
Désormais, chaque véhicule bénéficiera d’un numéro à vie et les automobilistes n’auront plus à changer de plaque en cas de déménagement ou d’achat d’un véhicule d’occasion. A l’heure actuelle, elle se compose de chiffres suivis de lettres puis du numéro du département d’immatriculation du véhicule. A l’avenir, sur fond blanc à l’avant comme à l’arrière, elles comporteront deux lettres, trois chiffres et deux lettres (Exemple : AA-267-AA). Exit donc les 42, 69, 38 et autres 75 ou 62, une décision qui a provoqué le courroux de nombreux Français et de leurs élus.
Quelques-uns d’entre eux n’ont pas tardé à réagir. En premier lieu Richard Mallié et Alain Vidalies, respectivement députés UMP des Bouches-du-Rhône et PS des Landes, à l’origine de la naissance du collectif Jamais sans mon département. Le premier concède que « la réforme du système d’immatriculation des véhicules apparaît comme nécessaire ». Néanmoins, il regrette « la disparition de cette marque d’appartenance à un territoire, à une histoire, à un terroir et à une identité (…) parce que les numéros de département font partie de nous. C’est une évidence aussi bien historique que géographique (…) qu’il nous faut continuer à défendre ».
« Pourquoi changer ce qui fonctionne bien ? »
En milieu de semaine, 192 parlementaires avaient apporté leur soutien à cette opération. Parmi eux, on retrouve plusieurs élus du département, à savoir les sénateurs Bernard Fournier et Jean-Claude Frécon, ainsi que les députés Régis Juanico, Yves Nicolin et François Rochebloine.
Ce dernier, qui juge « pleine de bon sens » l’initiative Jamais sans mon département, ne mâche pas ses mots en ce qui concerne la réforme : « Pourquoi remettre en cause et changer quelque chose qui fonctionne bien ? Je suis pour le statut quo. » Et de se remémorer les grandes heures européennes des footballeurs stéphanois : « Les voitures immatriculées 42 se faisaient klaxonner partout en France, c’était très sympathique. » Un argument que reprend son jeune collègue Régis Juanico. « Le 42 représente une partie de l’identité culturelle et institutionnelle de la Loire, affirme-t-il. Il est important, ici, a une signification, c’est par exemple un signe que l’on retrouve sur le maillot de l’AS Saint-Etienne. »
Jean-Louis Gagnaire, lui, n’a pas adhéré à Jamais sans mon département. « A cause de propos dans lesquels je ne me reconnaissais pas », précise-t-il. Cela n’empêche pas le député stéphanois de soutenir l’initiative. Il estime que le chiffre 42 est un symbole commun qui rapproche les habitants de la Loire, « un département écartelé entre le nord et le sud ».
Les Français sont d’accord
Alors que le Conseil général de la Loire travaille sur le sujet et devrait prochainement annoncer sa “riposte”, Régis Juanico, député et conseiller général, précise que « l’objectif du collectif parlementaire est simple : demander une solution alternative afin que la réforme du SIV puisse se poursuivre, (en rendant) obligatoire la mention pour l’instant facultative du numéro de département ».
Cette action correspond aux attentes des Français selon les sondages publiés par les médias nationaux. Une étude Ifop publiée le 5 mai par l’hebdomadaire Auto plus indique ainsi que 71 % de nos compatriotes regrettent la disparition des numéros de département, contre 7 % de satisfaits et 22 % d’indifférents. Dans son édition du 11 juin, le quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France a estimé grâce à des donnés collectées en collaboration avec le CSA, que « 68 % (des Français) ne voient pas d’un très bon œil l’arrivée du nouveau système d’immatriculation ».
Malgré ce “cri du cœur”, le ministère de l’Intérieur ne semble pas décidé à revoir sa copie. Dans un communiqué daté du 4 juin, le club Jamais sans mon département a condamné « l’attitude des services du ministère ». « L’appel des Français et de 180 parlementaires à suspendre la décision de mise en place du SIV n’a pas été entendu lors de la conférence de presse organisée mercredi 4 juin, par les services du ministère de l’Intérieur, peut-on lire. Pis encore, les propos tenus par le ministère à l’endroit des membres de Jamais sans mon département apparaissent comme scandaleux et déplacés de la part de représentants de l’administration. En effet, ils ont dénigré l’action de 180 représentants de la Nation en les invitant à cesser “leurs fantasmes” et “leurs caricatures”. » Gare à la sortie de route.
Autrefois speakerine de Geoffroy-Guichard, Laurence Dabrainville mène aujourd'hui un combat prud'homal contre la Fédération française de football, son employeur entre 2001 et 2006. En attendant de recevoir les indemnités de licenciement qu’elle exige, elle subsiste comme elle peut. Dans la précarité, hébergée par des amis ou passant la nuit dans sa voiture.
En football, une carrière peut très vite basculer de la lumière à la pénombre. C'est bien connu. Ce qui l'est moins, c'est que cela ne concerne pas uniquement les joueurs. Laurence Dabrainville, qui a longtemps animé les soirées de match à Geoffroy-Guichard au côté d'Edmond Teyssier, en fait l'amère expérience.
Recrutée comme animatrice nationale du football féminin par la Fédération française (FFF) en 2001 afin de « développer la discipline », elle a même assuré l'intendance des Bleues lors de la Coupe du monde 2003. Deux ans plus tard, elle découvrait sur Internet la suppression de son poste. Sans qu’elle en sache les raisons, son licenciement, pour motif économique, s'est finalement concrétisé en février 2006. « Sans indemnités ni paiement de mes 77 jours de congés, mais avec des retenues de salaire », précise-t-elle aujourd'hui.
Voilà pourquoi Laurence Dabrainville se retrouve engluée dans un combat juridique. Le 21 septembre dernier, le conseil de prud'hommes de Paris l'a confortée dans sa démarche en adressant un carton rouge à la FFF. Bilan : 32 000 euros d'indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ainsi que 2 000 euros de dommages et intérêts pour retenue abusive sur le solde de tout compte. Si elle estime que ce jugement la réhabilite, Laurence Dabrainville a choisi de ne pas lâcher le morceau : « Je n’avais pas l’intention de multiplier les procédures, car je ne touche pas d'argent pendant ce temps-là. Et puis, de toute façon, cela ne réparera pas les maux subis. J'ai tenu à faire appel car j'ai été déboutée de deux demandes auxquelles je tiens et pour lesquelles je possède des preuves importantes, harcèlement moral et le paiement de nombreuses heures supplémentaires. » Avec une telle décision, elle pourrait voir son calvaire s'éterniser. Si le conseil de prud'hommes rejette la requête spéciale de son avocat, le jugement pourrait n'être rendu qu'en 2009 voire 2010.
« Mes amis n’ont pas à assumer »
En attendant, Laurence Dabrainville continue à galérer. « Je me suis beaucoup endettée et j'ai vécu un enfer, confie-t-elle. J'ai par exemple dû aller à l'épicerie sociale pour pouvoir manger. Et si, parfois, des amis m'hébergent, j'essaie de ne pas les embêter. Ils n'ont pas à assumer. Du coup, je dors régulièrement dans ma voiture…»
Cette situation a visiblement déconcerté son ancien chef de service, à l'époque Directeur technique national. Croisé à Saint-Etienne à l’occasion d’une conférence de presse, Aimé Jacquet a exprimé sa « grande surprise » : « J'avais beaucoup apprécié notre collaboration, ce que nous avions mis en place. Cette fille a de la qualité, des idées, un passé, je suis surpris qu'elle n'ait pas trouvé la possibilité de repartir de l'avant après la suppression de son poste. »
Pourquoi tout cela s'est-il arrêté ? Laurence Dabrainville affirme n'avoir toujours pas compris. Aimé Jacquet, lui, certifie que « la qualité de son travail n'était pas en cause ». Reconnaissant « des tensions internes (à la FFF), dans tout le secteur féminin », il rétorque que Laurence Dabrainville « n'a peut-être pas fait preuve d'assez d'ouverture sur certains projets ». Puis livre une ultime réplique : « Quand on se braque vis à vis d'une institution, on se bloque des portes. » Une ancienne connaissance de Laurence Dabrainville insiste d’ailleurs sur son franc-parler, qui « a pu déplaire et lui jouer des tours ».
Les Enfants de Don Quichotte, France 3 et « Libération »
Médusée par son sort, elle avoue souvent pleurer. Seule. « Mes proches n'ont pas à assumer », répète-t-elle. Un comité de soutien informel a tout de même vu le jour, composé d'amis, d'anciens collègues et simples sympathisants. Pour comprendre comment, il faut notamment s’intéresser à l’hiver 2006-2007. A l'époque, les médias multiplient les reportages sur l'association des Enfants de Don Quichotte, qui déploie ses tentes au bord du canal Saint-Martin à Paris afin d'interpeller l'opinion sur les conditions de vie des sans domiciles. Le 25 décembre, France 3 diffuse un sujet dans lequel certains reconnaissent Laurence Dabrainville. Deux jours plus tard, rebelote dans les colonnes du quotidien Libération. Où l'on apprend qu'elle « est là (…) simplement parce qu'elle considère avoir "déjà un pied dans la rue. Mon ex-employeur m'a licenciée sans indemnité. J'ai peur moi aussi de me retrouver dans la même situation. Il faut se rebeller, sinon voilà ce qui arrive. N'importe qui peut basculer. Le sort des SDF concerne tout le monde" ».
Sur la toile, ce nom et ce visage font tilt. Quelques internautes réagissent et relatent, consternés, la descente aux enfers de l'ancienne speakerine du Chaudron. Plusieurs mois s'écoulent, avant que "l'affaire" prenne une nouvelle tournure. En août dernier, un message intitulé "Que la vérité éclate" inonde quantité de forums. Tandis que de très virulents propos égratignent ses anciens supérieurs, on peut aussi lire que Laurence Dabrainville doit sa présence sur les bords du canal Saint-Martin au fait « qu'elle venait de passer six mois sans un euro en poche (…) du fait de la FFF ».
Longtemps silencieuse
Pour en avoir le cœur net, il faut retrouver la principale intéressée. Une quête qui, très vite, s'enlise. Laurence Dabrainville ayant quitté la Loire depuis plus de six ans, le contact s'est progressivement rompu avec l'AS Saint-Etienne, le RC Saint-Etienne, son ancien club, et le collège Saint-Louis, pour lequel elle a travaillé. C'est finalement un informateur à l'étrange adresse électronique qui relance les débats, en soufflant le nom de l'avocat chargé de défendre les intérêts de Laurence Dabrainville. Après plusieurs conversations, celui-ci assure avoir transmis la demande d'entretien de La Gazette. Sans retour.
Pourquoi un tel mutisme ? Quelques mois plus tard, elle en dévoile les raisons. « Je ne pouvais pas répondre, car j'attendais la décision de justice pour m'exprimer sans provoquer de conséquences néfastes, personnelles comme professionnelles. Je ne voulais pas risquer d'être condamnée pour diffamation, explique Laurence Dabrainville. Il ne faut pas influencer la justice. » Avant de lâcher : « Je n'étais pas toujours en état de répondre. » Traumatisée par son expérience à la FFF, elle a appris à « (se) méfier, à ne pas donner (ses) coordonnées ». Désormais, elle ne communique que par courrier électronique. « Je n'ai même pas accès à Internet, nuance-t-elle. Seulement chez des amis, ou dans des structures équipées. Ce n'est donc pas évident de communiquer, mais je ne me cache pas, je n'ai rien fait de mal. »
La preuve, puisqu'elle a fini par accepter un entretien téléphonique, après avoir fourni les coordonnées d'amis qui l'hébergent. À présent, elle accepte de témoigner sur ses « déboires psychologiques, sociaux, professionnels et financiers ». « J'espère que tout cela pourra être publié pour que la vérité éclate et que je sois réhabilitée, dit-elle. Ce qui a été fait est honteux et doit être connu. Je n'avais fait que mon travail. Cela peut arriver à n'importe qui. »
Malgré un moral sinusoïdal, elle a choisi de ne pas rendre les armes et lance quelques tacles : « Je me défends avec mes rares armes, ma tête en particulier. J'écris depuis plusieurs mois et un éditeur s'intéresse à ce projet. Si je vais jusqu'au bout, je pourrais faire des révélations car il y a beaucoup de choses à dire, j'ai travaillé avec des personnalités connues. »
Les années heureuses
Retour en arrière. Originaire du Jura, Laurence Dabrainville est arrivée dans la Loire à l'age de seize ans. « Pour pratiquer le football féminin, nous apprend-elle. Je venais alors de réaliser mon rêve, jouer au pays des Verts. » Son bonheur atteint son paroxysme lorsqu'elle se retrouve à assurer l'animation du Chaudron avec Edmond Teyssier. « Bénévolement », en plus de son emploi au sein du collège Saint-Louis, à la surveillance et à l'animation de la vie scolaire. De ces années-là, Edmond Teyssier « ne garde que des bons souvenirs ». « Elle était passionnée de football et s'était bien intégrée à l'équipe d'animation, se rappelle notre homme. Elle était heureuse de ce qu'elle faisait. Avec des moyens techniques pas aussi poussés qu'aujourd'hui, nous arrivions à faire quelque chose de bien. Je me rappelle notamment de la fois où elle s'était déguisée en mère Noël et avait jonglé sur le terrain. »
Un nouveau chapitre de la belle histoire de Laurence Dabrainville s'ouvre fin 2000. c’est à cette date que la FFF la contacte, pour occuper le poste d'animatrice nationale du football féminin. « Vivre de ma passion, c'était la cerise sur le gâteau. Surtout avec Aimé Jacquet, champion du monde, comme chef de service », se souvient-elle. Sa nouvelle vie la conduit à Paris, où elle débute le 1er mars suivant au sein de l'institution alors présidée par Claude Simonet. Elle fait équipe avec Elisabeth Loisel, sélectionneuse de l'équipe de France. Leur mission : développer la pratique féminine du football. « Comme les résultats s'amélioraient, Elisabeth Loisel a demandé à ce que je m'occupe de l'intendance des matches. Le nombre de spectateurs augmentait, les résultats commençaient à être bons », note Laurence Dabrainville. Ce que nous a confirmé Elisabeth Loisel, avant de s’envoler pour la Chine, prendre les commandes de l'équipe nationale féminine : « Nous avons eu une très bonne collaboration, Laurence était dynamique, elle avait la volonté d'aller au bout des choses. »
France/Angleterre à Geoffroy-Guichard
En 2002, les Bleues disputent deux séries de barrages qualificatifs, avec l'ambition de participer à leur premier Mondial. Corinne Diacre et ses coéquipières viennent d’abord à bout du Danemark. Place à la double confrontation décisive face à l’Angleterre. Pour le match retour, Laurence Dabrainville songe immédiatement à Saint-Etienne. Pronostiquant « 15 000 spectateurs », elle finit par faire adhérer la fédération à son choix. « Bien aidée par le district de la Loire », l'opération est un succès. Canal +, qui diffuse la partie, réalise une excellente audience alors que 23 680 personnes garnissent Geoffroy-Guichard. Une affluence longtemps record en Europe, qui tient toujours dans l'Hexagone. Déjà vainqueurs à l'aller, les Françaises récidivent. Direction les Etats-Unis, puisque la Chine, hôte initial de la compétition, abdique devant l'épidémie de pneumonie atypique (Sras). Là encore, Laurence Dabrainville fait partie du staff, comme intendante.
L'heure des premiers déboires sonne peu après. Même si de nombreux salariés endurent ce type de contrariété. « Quand on occupe un poste important, on doit toujours affronter des jalousies, de la déstabilisation interne, avec des gens médisants, pas toujours sympathiques à votre égard », analyse Laurence Dabrainville avec du recul.
Un licenciement découvert sur Internet
Le véritable coup de tonnerre se produit le 15 avril 2005. Le conseil fédéral décide que « compte tenu de l'évolution de l'animation dans le football féminin et de la création de postes identiques décentralisées dans les ligues régionales, ce poste n'a plus de raison d'être au niveau fédéral et doit être supprimé ». Une décision que notre Stéphanoise d'adoption découvre sur le site Internet de la fédération, en consultant le compte rendu de la réunion. Immédiatement, elle demande à voir ses responsables. « Aimé Jacquet, Jean-Pierre Escalette, nouveau président de la FFF, me disent qu'ils ne savent pas. Je demande pendant une semaine, sans succès. Aucun ne connaissait la raison, je trouvais cela bizarre. Personne ne m'expliquait et c'était dur à vivre », souligne-t-elle. De cette époque, Elisabeth Loisel, qui ne veut « pas en parler avec les journalistes », lâchera simplement qu'il s'agit d'une « histoire un peu floue, dont (elle) ne connaît pas les tenants et les aboutissants ».
Laurence Dabrainville vit mal cette situation : « Pendant six mois, j'essayais de trouver des choses pour travailler, j'arrivais tôt et repartais tard. Mais on confiait les tâches à mes collègues, ma ligne de téléphone portable a été supprimée… » Elle tente alors d'interpeller le comité d'entreprise, « car cela commençait à devenir difficile psychologiquement, je me demandais ce que j'avais fait ». Certaines personnes lui conseillent de démissionner. Ce qu'elle ne veut « pas (se) résoudre à faire ». Finalement, en octobre, elle reçoit un courrier la convoquant à un entretien préalable à un licenciement. Nouvelle surprise. Accompagnée in extremis par un collègue du service juridique, elle constate avec stupeur que son départ, d'abord acté pour raisons de réorientation stratégique, se fera pour « motif économique ». A l'époque, l'institution sort de trois saisons déficitaires. Et la tension règne, puisque le parquet de Paris enquête sur le déficit de l'exercice 2002-2003, qui aurait été maquillé de 14 millions à 62 000 euros. Des actes qui vaudront à Claude Simonet et Bernard Bacourt, respectivement président et trésorier, d’être condamnés à du sursis et à des amendes en avril 2007.
Primes de qualification mais pas de licenciement
Pour autant, Laurence réfute ces raisons économiques : « Ce n'est pas mon modeste salaire qui faisait un trou dans les caisses de la FFF, alors que celle-ci versait dans le même temps les primes aux joueurs et au staff pour la qualification à la Coupe du monde 2006. » S'ils avaient remporté la finale disputée face à l'Italie, Zinédine Zidane et ses vingt-deux coéquipiers auraient en plus touché 240 000 euros chacun (1). Pour rappel, celles versées lors du championnat d'Europe 2004, conclu par un triste quart de finale perdu face à la Grèce, s'élevaient à 69 000 euros par sélectionné ainsi que pour les quatre adjoints de Jacques Santini, le sélectionneur empochant le double (2). « Mais je n'étais pas jalouse des primes que touchaient mes collègues, cela me semblait juste étrange d'être licenciée pour raisons économiques au même moment », constate Laurence Dabrainville.
Son aventure à la FFF a officiellement pris fin le 8 février 2006. Le jour où elle a récupéré son ultime fiche de paie, amputée. « C'est là que ma vie précaire a démarré, observe-t-elle. Le lendemain, l'assurance chômage, estimant que j'avais touché une prime, ne m'a pas attribué d'allocations. Mon monde s'est écroulé. J'étais très mal, je venais de comprendre que je ne pourrais plus payer mon appartement, les factures. »
Démarre alors une lutte de longue haleine. Comme avant elle l'arbitre Franck Glochon ainsi qu’une partie de l'ancien staff des Bleus, évincée à l'arrivée de Raymond Domenech au poste de sélectionneur. Dans ce dernier cas, une négociation à l'amiable a en partie résolu le conflit. Avant de faire appel, Laurence Dabrainville a longtemps espéré un tel dénouement. La Fédération, elle, se contente du premier verdict. Après avoir refusé tout commentaire avant l'audience, celle-ci déclare maintenant « prendre acte » de la décision rendue par le conseil de prud’hommes. Et s'en accommode, selon les explications formulées par l’un de ses responsables : « Si nous avions un commentaire à faire ou que nous n'acceptions pas cette décision, nous aurions fait appel. »
« Un manque de respect »
« Bien que satisfaite du jugement », Laurence Dabrainville a donc choisi de poursuivre son action. A ses yeux, la FFF a fait preuve d' « un manque d'humanité, de respect ». Elle avoue même avoir envisagé le pire, elle qui n'a pas hésité à faire la manche devant le siège de la Fédération. « Je pleure beaucoup, je dors peu depuis des mois. Mais j’ai mon honneur », insiste-t-elle.
Du coup, elle attend la date de l'audience. D’ici là, « il faut continuer à survivre ». Elle effectue quelques heures de travail qui la « resocialisent », selon son expression. « Mais ce n'est pas simple, car j'ai une étiquette sur la tête et c'est difficile de s'en défaire. On me fait passer pour la coupable, alors que je suis victime. » Heureusement, les marques de soutien se sont accumulées : « J'ai pu lire quelques échos, j'ai été très touchée par certains propos dont ceux d'anciens élèves, de supporters des Verts. Cela m'a aidé à tenir. Comme je galérais seule depuis des mois, ce soutien m'a fait beaucoup de bien. » Certains internautes ligériens se sont même proposés pour l’héberger. Pour autant, Laurence Dabrainville n’a « pas prévu de revenir vivre à Saint-Étienne ». A moins que. « S’il y a du travail, je suis preneuse. »
(1) Lequipe.fr, 29 mai 2006
(2) L'Equipe, 10 Juin 2004
Elle n'a pas oublié Sainté
La fin de son passage professionnel à la Fédération française (FFF) aurait pu la dégoûter du football. Il n’en est rien, Laurence Dabrainville se dit « toujours passionnée par le jeu ». Et ajoute que « ce n'est pas ce sport qui est malsain, mais les gens qui le gèrent ». « Je joue encore de temps en temps, les samedis, confie-t-elle. Et il n'y a que quand je joue que je ne pense pas à mes problèmes. » Laurence Dabrainville, qui se souvient avoir croisé Bernard Caïazzo et Roland Romeyer il y a quelques années, suit avec toujours autant d’intérêt l'AS Saint-Etienne : « Le peuple vert reste très cher dans mon cœur. » Elle garde d'excellents souvenirs de son expérience stéphanoise, ainsi que quelques amis. « Je suis encore en contact avec John Sivebaek (NDLR : défenseur danois passé par le Forez à la fin des années 80), précise-t-elle. A l'époque, je m'occupais de son fils à Saint-Bonnet-les-Oules, et on jouait au foot tous les deux. Aujourd'hui, Christian est footballeur professionnel au Danemark, je suis très contente pour lui. »
Article paru dans la Gazette de la Loire du 15 février 2008
Autrefois speakerine de Geoffroy-Guichard, Laurence Dabrainville mène aujourd'hui un combat prud'homal contre la Fédération française de football, son employeur entre 2001 et 2006. En attendant de recevoir les indemnités de licenciement qu’elle exige, elle subsiste comme elle peut. Dans la précarité, hébergée par des amis ou passant la nuit dans sa voiture.
En football, une carrière peut très vite basculer de la lumière à la pénombre. C'est bien connu. Ce qui l'est moins, c'est que cela ne concerne pas uniquement les joueurs. Laurence Dabrainville, qui a longtemps animé les soirées de match à Geoffroy-Guichard au côté d'Edmond Teyssier, en fait l'amère expérience.
Recrutée comme animatrice nationale du football féminin par la Fédération française (FFF) en 2001 afin de « développer la discipline », elle a même assuré l'intendance des Bleues lors de la Coupe du monde 2003. Deux ans plus tard, elle découvrait sur Internet la suppression de son poste. Sans qu’elle en sache les raisons, son licenciement, pour motif économique, s'est finalement concrétisé en février 2006. « Sans indemnités ni paiement de mes 77 jours de congés, mais avec des retenues de salaire », précise-t-elle aujourd'hui.
Voilà pourquoi Laurence Dabrainville se retrouve engluée dans un combat juridique. Le 21 septembre dernier, le conseil de prud'hommes de Paris l'a confortée dans sa démarche en adressant un carton rouge à la FFF. Bilan : 32 000 euros d'indemnités pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ainsi que 2 000 euros de dommages et intérêts pour retenue abusive sur le solde de tout compte. Si elle estime que ce jugement la réhabilite, Laurence Dabrainville a choisi de ne pas lâcher le morceau : « Je n’avais pas l’intention de multiplier les procédures, car je ne touche pas d'argent pendant ce temps-là. Et puis, de toute façon, cela ne réparera pas les maux subis. J'ai tenu à faire appel car j'ai été déboutée de deux demandes auxquelles je tiens et pour lesquelles je possède des preuves importantes, harcèlement moral et le paiement de nombreuses heures supplémentaires. » Avec une telle décision, elle pourrait voir son calvaire s'éterniser. Si le conseil de prud'hommes rejette la requête spéciale de son avocat, le jugement pourrait n'être rendu qu'en 2009 voire 2010.
« Mes amis n’ont pas à assumer »
En attendant, Laurence Dabrainville continue à galérer. « Je me suis beaucoup endettée et j'ai vécu un enfer, confie-t-elle. J'ai par exemple dû aller à l'épicerie sociale pour pouvoir manger. Et si, parfois, des amis m'hébergent, j'essaie de ne pas les embêter. Ils n'ont pas à assumer. Du coup, je dors régulièrement dans ma voiture…»
Cette situation a visiblement déconcerté son ancien chef de service, à l'époque Directeur technique national. Croisé à Saint-Etienne à l’occasion d’une conférence de presse, Aimé Jacquet a exprimé sa « grande surprise » : « J'avais beaucoup apprécié notre collaboration, ce que nous avions mis en place. Cette fille a de la qualité, des idées, un passé, je suis surpris qu'elle n'ait pas trouvé la possibilité de repartir de l'avant après la suppression de son poste. »
Pourquoi tout cela s'est-il arrêté ? Laurence Dabrainville affirme n'avoir toujours pas compris. Aimé Jacquet, lui, certifie que « la qualité de son travail n'était pas en cause ». Reconnaissant « des tensions internes (à la FFF), dans tout le secteur féminin », il rétorque que Laurence Dabrainville « n'a peut-être pas fait preuve d'assez d'ouverture sur certains projets ». Puis livre une ultime réplique : « Quand on se braque vis à vis d'une institution, on se bloque des portes. » Une ancienne connaissance de Laurence Dabrainville insiste d’ailleurs sur son franc-parler, qui « a pu déplaire et lui jouer des tours ».
Les Enfants de Don Quichotte, France 3 et « Libération »
Médusée par son sort, elle avoue souvent pleurer. Seule. « Mes proches n'ont pas à assumer », répète-t-elle. Un comité de soutien informel a tout de même vu le jour, composé d'amis, d'anciens collègues et simples sympathisants. Pour comprendre comment, il faut notamment s’intéresser à l’hiver 2006-2007. A l'époque, les médias multiplient les reportages sur l'association des Enfants de Don Quichotte, qui déploie ses tentes au bord du canal Saint-Martin à Paris afin d'interpeller l'opinion sur les conditions de vie des sans domiciles. Le 25 décembre, France 3 diffuse un sujet dans lequel certains reconnaissent Laurence Dabrainville. Deux jours plus tard, rebelote dans les colonnes du quotidien Libération. Où l'on apprend qu'elle « est là (…) simplement parce qu'elle considère avoir "déjà un pied dans la rue. Mon ex-employeur m'a licenciée sans indemnité. J'ai peur moi aussi de me retrouver dans la même situation. Il faut se rebeller, sinon voilà ce qui arrive. N'importe qui peut basculer. Le sort des SDF concerne tout le monde" ».
Sur la toile, ce nom et ce visage font tilt. Quelques internautes réagissent et relatent, consternés, la descente aux enfers de l'ancienne speakerine du Chaudron. Plusieurs mois s'écoulent, avant que "l'affaire" prenne une nouvelle tournure. En août dernier, un message intitulé "Que la vérité éclate" inonde quantité de forums. Tandis que de très virulents propos égratignent ses anciens supérieurs, on peut aussi lire que Laurence Dabrainville doit sa présence sur les bords du canal Saint-Martin au fait « qu'elle venait de passer six mois sans un euro en poche (…) du fait de la FFF ».
Longtemps silencieuse
Pour en avoir le cœur net, il faut retrouver la principale intéressée. Une quête qui, très vite, s'enlise. Laurence Dabrainville ayant quitté la Loire depuis plus de six ans, le contact s'est progressivement rompu avec l'AS Saint-Etienne, le RC Saint-Etienne, son ancien club, et le collège Saint-Louis, pour lequel elle a travaillé. C'est finalement un informateur à l'étrange adresse électronique qui relance les débats, en soufflant le nom de l'avocat chargé de défendre les intérêts de Laurence Dabrainville. Après plusieurs conversations, celui-ci assure avoir transmis la demande d'entretien de La Gazette. Sans retour.
Pourquoi un tel mutisme ? Quelques mois plus tard, elle en dévoile les raisons. « Je ne pouvais pas répondre, car j'attendais la décision de justice pour m'exprimer sans provoquer de conséquences néfastes, personnelles comme professionnelles. Je ne voulais pas risquer d'être condamnée pour diffamation, explique Laurence Dabrainville. Il ne faut pas influencer la justice. » Avant de lâcher : « Je n'étais pas toujours en état de répondre. » Traumatisée par son expérience à la FFF, elle a appris à « (se) méfier, à ne pas donner (ses) coordonnées ». Désormais, elle ne communique que par courrier électronique. « Je n'ai même pas accès à Internet, nuance-t-elle. Seulement chez des amis, ou dans des structures équipées. Ce n'est donc pas évident de communiquer, mais je ne me cache pas, je n'ai rien fait de mal. »
La preuve, puisqu'elle a fini par accepter un entretien téléphonique, après avoir fourni les coordonnées d'amis qui l'hébergent. À présent, elle accepte de témoigner sur ses « déboires psychologiques, sociaux, professionnels et financiers ». « J'espère que tout cela pourra être publié pour que la vérité éclate et que je sois réhabilitée, dit-elle. Ce qui a été fait est honteux et doit être connu. Je n'avais fait que mon travail. Cela peut arriver à n'importe qui. »
Malgré un moral sinusoïdal, elle a choisi de ne pas rendre les armes et lance quelques tacles : « Je me défends avec mes rares armes, ma tête en particulier. J'écris depuis plusieurs mois et un éditeur s'intéresse à ce projet. Si je vais jusqu'au bout, je pourrais faire des révélations car il y a beaucoup de choses à dire, j'ai travaillé avec des personnalités connues. »
Les années heureuses
Retour en arrière. Originaire du Jura, Laurence Dabrainville est arrivée dans la Loire à l'age de seize ans. « Pour pratiquer le football féminin, nous apprend-elle. Je venais alors de réaliser mon rêve, jouer au pays des Verts. » Son bonheur atteint son paroxysme lorsqu'elle se retrouve à assurer l'animation du Chaudron avec Edmond Teyssier. « Bénévolement », en plus de son emploi au sein du collège Saint-Louis, à la surveillance et à l'animation de la vie scolaire. De ces années-là, Edmond Teyssier « ne garde que des bons souvenirs ». « Elle était passionnée de football et s'était bien intégrée à l'équipe d'animation, se rappelle notre homme. Elle était heureuse de ce qu'elle faisait. Avec des moyens techniques pas aussi poussés qu'aujourd'hui, nous arrivions à faire quelque chose de bien. Je me rappelle notamment de la fois où elle s'était déguisée en mère Noël et avait jonglé sur le terrain. »
Un nouveau chapitre de la belle histoire de Laurence Dabrainville s'ouvre fin 2000. c’est à cette date que la FFF la contacte, pour occuper le poste d'animatrice nationale du football féminin. « Vivre de ma passion, c'était la cerise sur le gâteau. Surtout avec Aimé Jacquet, champion du monde, comme chef de service », se souvient-elle. Sa nouvelle vie la conduit à Paris, où elle débute le 1er mars suivant au sein de l'institution alors présidée par Claude Simonet. Elle fait équipe avec Elisabeth Loisel, sélectionneuse de l'équipe de France. Leur mission : développer la pratique féminine du football. « Comme les résultats s'amélioraient, Elisabeth Loisel a demandé à ce que je m'occupe de l'intendance des matches. Le nombre de spectateurs augmentait, les résultats commençaient à être bons », note Laurence Dabrainville. Ce que nous a confirmé Elisabeth Loisel, avant de s’envoler pour la Chine, prendre les commandes de l'équipe nationale féminine : « Nous avons eu une très bonne collaboration, Laurence était dynamique, elle avait la volonté d'aller au bout des choses. »
France/Angleterre à Geoffroy-Guichard
En 2002, les Bleues disputent deux séries de barrages qualificatifs, avec l'ambition de participer à leur premier Mondial. Corinne Diacre et ses coéquipières viennent d’abord à bout du Danemark. Place à la double confrontation décisive face à l’Angleterre. Pour le match retour, Laurence Dabrainville songe immédiatement à Saint-Etienne. Pronostiquant « 15 000 spectateurs », elle finit par faire adhérer la fédération à son choix. « Bien aidée par le district de la Loire », l'opération est un succès. Canal +, qui diffuse la partie, réalise une excellente audience alors que 23 680 personnes garnissent Geoffroy-Guichard. Une affluence longtemps record en Europe, qui tient toujours dans l'Hexagone. Déjà vainqueurs à l'aller, les Françaises récidivent. Direction les Etats-Unis, puisque la Chine, hôte initial de la compétition, abdique devant l'épidémie de pneumonie atypique (Sras). Là encore, Laurence Dabrainville fait partie du staff, comme intendante.
L'heure des premiers déboires sonne peu après. Même si de nombreux salariés endurent ce type de contrariété. « Quand on occupe un poste important, on doit toujours affronter des jalousies, de la déstabilisation interne, avec des gens médisants, pas toujours sympathiques à votre égard », analyse Laurence Dabrainville avec du recul.
Un licenciement découvert sur Internet
Le véritable coup de tonnerre se produit le 15 avril 2005. Le conseil fédéral décide que « compte tenu de l'évolution de l'animation dans le football féminin et de la création de postes identiques décentralisées dans les ligues régionales, ce poste n'a plus de raison d'être au niveau fédéral et doit être supprimé ». Une décision que notre Stéphanoise d'adoption découvre sur le site Internet de la fédération, en consultant le compte rendu de la réunion. Immédiatement, elle demande à voir ses responsables. « Aimé Jacquet, Jean-Pierre Escalette, nouveau président de la FFF, me disent qu'ils ne savent pas. Je demande pendant une semaine, sans succès. Aucun ne connaissait la raison, je trouvais cela bizarre. Personne ne m'expliquait et c'était dur à vivre », souligne-t-elle. De cette époque, Elisabeth Loisel, qui ne veut « pas en parler avec les journalistes », lâchera simplement qu'il s'agit d'une « histoire un peu floue, dont (elle) ne connaît pas les tenants et les aboutissants ».
Laurence Dabrainville vit mal cette situation : « Pendant six mois, j'essayais de trouver des choses pour travailler, j'arrivais tôt et repartais tard. Mais on confiait les tâches à mes collègues, ma ligne de téléphone portable a été supprimée… » Elle tente alors d'interpeller le comité d'entreprise, « car cela commençait à devenir difficile psychologiquement, je me demandais ce que j'avais fait ». Certaines personnes lui conseillent de démissionner. Ce qu'elle ne veut « pas (se) résoudre à faire ». Finalement, en octobre, elle reçoit un courrier la convoquant à un entretien préalable à un licenciement. Nouvelle surprise. Accompagnée in extremis par un collègue du service juridique, elle constate avec stupeur que son départ, d'abord acté pour raisons de réorientation stratégique, se fera pour « motif économique ». A l'époque, l'institution sort de trois saisons déficitaires. Et la tension règne, puisque le parquet de Paris enquête sur le déficit de l'exercice 2002-2003, qui aurait été maquillé de 14 millions à 62 000 euros. Des actes qui vaudront à Claude Simonet et Bernard Bacourt, respectivement président et trésorier, d’être condamnés à du sursis et à des amendes en avril 2007.
Primes de qualification mais pas de licenciement
Pour autant, Laurence réfute ces raisons économiques : « Ce n'est pas mon modeste salaire qui faisait un trou dans les caisses de la FFF, alors que celle-ci versait dans le même temps les primes aux joueurs et au staff pour la qualification à la Coupe du monde 2006. » S'ils avaient remporté la finale disputée face à l'Italie, Zinédine Zidane et ses vingt-deux coéquipiers auraient en plus touché 240 000 euros chacun (1). Pour rappel, celles versées lors du championnat d'Europe 2004, conclu par un triste quart de finale perdu face à la Grèce, s'élevaient à 69 000 euros par sélectionné ainsi que pour les quatre adjoints de Jacques Santini, le sélectionneur empochant le double (2). « Mais je n'étais pas jalouse des primes que touchaient mes collègues, cela me semblait juste étrange d'être licenciée pour raisons économiques au même moment », constate Laurence Dabrainville.
Son aventure à la FFF a officiellement pris fin le 8 février 2006. Le jour où elle a récupéré son ultime fiche de paie, amputée. « C'est là que ma vie précaire a démarré, observe-t-elle. Le lendemain, l'assurance chômage, estimant que j'avais touché une prime, ne m'a pas attribué d'allocations. Mon monde s'est écroulé. J'étais très mal, je venais de comprendre que je ne pourrais plus payer mon appartement, les factures. »
Démarre alors une lutte de longue haleine. Comme avant elle l'arbitre Franck Glochon ainsi qu’une partie de l'ancien staff des Bleus, évincée à l'arrivée de Raymond Domenech au poste de sélectionneur. Dans ce dernier cas, une négociation à l'amiable a en partie résolu le conflit. Avant de faire appel, Laurence Dabrainville a longtemps espéré un tel dénouement. La Fédération, elle, se contente du premier verdict. Après avoir refusé tout commentaire avant l'audience, celle-ci déclare maintenant « prendre acte » de la décision rendue par le conseil de prud’hommes. Et s'en accommode, selon les explications formulées par l’un de ses responsables : « Si nous avions un commentaire à faire ou que nous n'acceptions pas cette décision, nous aurions fait appel. »
« Un manque de respect »
« Bien que satisfaite du jugement », Laurence Dabrainville a donc choisi de poursuivre son action. A ses yeux, la FFF a fait preuve d' « un manque d'humanité, de respect ». Elle avoue même avoir envisagé le pire, elle qui n'a pas hésité à faire la manche devant le siège de la Fédération. « Je pleure beaucoup, je dors peu depuis des mois. Mais j’ai mon honneur », insiste-t-elle.
Du coup, elle attend la date de l'audience. D’ici là, « il faut continuer à survivre ». Elle effectue quelques heures de travail qui la « resocialisent », selon son expression. « Mais ce n'est pas simple, car j'ai une étiquette sur la tête et c'est difficile de s'en défaire. On me fait passer pour la coupable, alors que je suis victime. » Heureusement, les marques de soutien se sont accumulées : « J'ai pu lire quelques échos, j'ai été très touchée par certains propos dont ceux d'anciens élèves, de supporters des Verts. Cela m'a aidé à tenir. Comme je galérais seule depuis des mois, ce soutien m'a fait beaucoup de bien. » Certains internautes ligériens se sont même proposés pour l’héberger. Pour autant, Laurence Dabrainville n’a « pas prévu de revenir vivre à Saint-Étienne ». A moins que. « S’il y a du travail, je suis preneuse. »
(1) Lequipe.fr, 29 mai 2006
(2) L'Equipe, 10 Juin 2004
Elle n'a pas oublié Sainté
La fin de son passage professionnel à la Fédération française (FFF) aurait pu la dégoûter du football. Il n’en est rien, Laurence Dabrainville se dit « toujours passionnée par le jeu ». Et ajoute que « ce n'est pas ce sport qui est malsain, mais les gens qui le gèrent ». « Je joue encore de temps en temps, les samedis, confie-t-elle. Et il n'y a que quand je joue que je ne pense pas à mes problèmes. » Laurence Dabrainville, qui se souvient avoir croisé Bernard Caïazzo et Roland Romeyer il y a quelques années, suit avec toujours autant d’intérêt l'AS Saint-Etienne : « Le peuple vert reste très cher dans mon cœur. » Elle garde d'excellents souvenirs de son expérience stéphanoise, ainsi que quelques amis. « Je suis encore en contact avec John Sivebaek (NDLR : défenseur danois passé par le Forez à la fin des années 80), précise-t-elle. A l'époque, je m'occupais de son fils à Saint-Bonnet-les-Oules, et on jouait au foot tous les deux. Aujourd'hui, Christian est footballeur professionnel au Danemark, je suis très contente pour lui. »
Article paru dans la Gazette de la Loire du 15 février 2008
Plusieurs communes du canton de Feurs (Loire, 42) se sont lancées dans la promotion des énergies renouvelables. La palme de l'originalité revient à Rozier-en-Donzy, qui vient d'installer 33 m2 de panneaux photovoltaïques sur le toit de son église.
Bercée par un agréable soleil, Rozier-en-Donzy vit en ce mardi de la fin janvier une matinée plutôt tranquille. Presque comme les autres. Presque, car face à la mairie, juste devant l'église, des barrières métalliques ont envahi la place du 19-mars-1962. Et c'est tout juste si l'on entend le clocher sonner 10 heures. A l'origine du brouhaha, on retrouve une dépanneuse, qui dépose avec soin une nacelle jaune. Le temps de déplacer les barrières et la voici qui se déploie, pour le premier des quatre journées de travaux qui attendent cette bourgade de 1 400 âmes, limitrophe de l'arrondissement de Roanne.
À l'origine de ces aménagements, on retrouve les communautés de communes des Collines du matin et de Feurs en Forez, désireuses d'assurer la promotion des énergies renouvelables. Outre le coup de pouce financier proposé aux particuliers à travers l'opération Coup de soleil pour les inciter à faire l'acquisition d'un chauffe-eau solaire, quelques communes ont également franchi le pas, en équipant certains de leurs bâtiments en panneaux photovoltaïques.
A Jas, c'est la mairie qui a été choisie alors que Poncins s'apprête à en doter une salle de classe et Pouilly-les-Feurs le vestiaire du stade. Rozier-en-Donzy a opté pour un lieu encore plus original : le toit de son église. Mais, si l'édifice religieux, entièrement rénové il y a quelques années, captera bientôt une énergie venue du ciel, n'y voyez pas pour autant de symbolique.
"Un objectif pédagogique"
Marc Desfarges, adjoint au maire et qui suit le dossier depuis un an, explique que "au départ, cela devait se faire sur des locaux techniques". Problème, le public n'aurait pas pu apercevoir les panneaux, qui se seraient retrouvés hors de portée de vue des curieux. Or, "nous avons surtout entamé cette démarche avec un objectif pédagogique, ajoute notre homme. En plus, l'église est très bien exposée". Pour découvrir cette technologie, rien de plus simple. Il suffit de reculer dans la rue qui sépare la mairie de la Poste.
Blouson sombre et casquette vissée sur la tête, Marc Desfarges suit l'avancée des travaux d'en bas. Il en profite pour présenter l'installation. En principe opérationnelle d'ici quelques semaines, celle-ci devrait fournir une production estimée à 4 250 kWh, soit l'équivalent d'un foyer de quatre personnes. Cette énergie sera revendue à EDF – qui a l'obligation de la racheter, à un prix supérieur à celui auquel elle la revend –, "dès que les formalités administratives seront achevées". Pour cela, la municipalité s'appuie sur le Syndicat intercommunal des énergies de la Loire (Siel), qui l'a accompagnée au rythme des études de faisabilité, cahier des charges et autres démarches.
A l'issue de l'appel d'offres, c'est l'entreprise forézienne Géoclim qui a emporté ce marché public. Patrice Dupin, qui a assuré le chantier, explique qu'il a d'abord fallu "s'assurer de l'état du toit, s'équiper de harnais, détuiler, réaliser l'étanchéité, poser la structure où seront fixés les panneaux et assurer leur raccordement". Désormais, deux rangées de onze panneaux côtoient des tuiles rouges, sur une surface d'environ 33 m2.
Partenariat mairie/paroisse "sans faille"
Au niveau finition, il reste à fixer au bas de l'église un panneau chargé de rendre accessible au public le fonctionnement de ce système. Première étape : l'énergie captée est transformée en courant électrique continu. Ensuite, convertie par un onduleur en courant alternatif identique à celui du réseau électrique, elle pourra être injectée dans le réseau de distribution publique.
Menée à bien grâce à "un partenariat sans faille entre la mairie et la paroisse", dixit Marc Desfarges, cette opération a nécessité un budget de 32 000 euros. Pour le boucler, Rozier-en-Donzy a pu compter sur des subventions, à savoir 7 000 euros de la part de la région et 5 000 euros en provenance du Sénat. Pour le reste, la commune a souscrit un emprunt de 20 000 euros. Marc Desfarges évoque un autofinancement, précisant que "cette installation devrait être amortie en huit à dix ans. Sachant que la durée de vie garantie des panneaux est de dix ans, cela nous assure une dizaine d'années bénéficiaires". Si tout va bien, elle fonctionnera entre la fin février et le courant du mois de mars.
Franck Talluto
Article paru dans l'édition du 8 février de La Loire cette semaine
Candidat socialiste à la mairie de Saint-Etienne, Maurice Vincent tenait jeudi 7 février l'une de ses réunions de quartiers dans l'amicale de la rue Jean-François Revollier. L'occasion de dévoiler les axes de son programme électoral et de répondre aux interrogations des Stéphanois. Ambiance.
Michel Thiollière avait tiré le premier côté boites aux lettres. Le socialiste Maurice Vincent, l'un de ses challengers à la mairie de Saint-Etienne, a réagi. En organisant ce jeudi soir sa réunion publique pour les quartiers de Carnot, Montaud et Chaléassière, quand celle du maire n'aura lieu que mardi.
C'est donc dans l'amicale de la rue Jean-François Revollier, proche de Bergson, que Maurice Vincent a poursuivi son marathon électoral, avec cette dix-septième "Réunion de quartier" en l'espace de trois mois.
A l'entrée, des plaquettes de campagne à l'image de la vedette du jour ornent une petite table rouge. Pas d'erreur, c'est bien là. Dans la grande salle, aux murs peints d'un jaune flashy, les organisateurs ont choisi de ne pas placer la table de parole sur la petite scène, où seule trône une enceinte, mais juste devant la centaine de chaises couleur saumon déployée. Comme à l'école, beaucoup ont pris place au fond. "Approchez-vous, cela fera plus intime", glisse un des responsables. La moyenne d'âge frôle la soixantaine, seulement contrariée par quelques jeunes hommes.
Avec une petite dizaine de minutes de retard sur l'horaire annoncé – le temps de laisser les derniers retardataires prendre place –, Maurice Vincent s'installe sur une chaise visiblement plus confortable, en mousse rouge. Entouré du député de la circonscription, Régis Juanico, et de Rémy Godde, candidat aux cantonales sur le secteur, il s'empare du micro, assis juste devant une affiche à son effigie. Costume sombre, chemise et cravate bleue, il affirme sa volonté d'une présentation courte, "pour éviter les monologues et aller à l'essentiel : vos questions". Avant de présenter son projet, il rappelle que c'est tout près de là, à Montaud, qu'il a vu le jour en 1955 et qu'il a longtemps vécu, lui qui réside désormais à la Vivaraize.
Son programme, annonce-t-il rassemble la gauche, Verts exceptés, avec une volonté d'aller au-delà de ces clivages. Ce soir, il insiste sur plusieurs axes : la relance de la ville, avec la création de nouveaux emplois et l'accueil de nouvelles entreprises car "elle continue de perdre des habitants et peine à retenir ses jeunes" ; favoriser les services de proximité, à savoir agir pour la propreté, l'entretien des rues, l'éclairage public ou encore les transports en commun, "où le bilan sortant n'est pas positif", "on ne peut pas vouloir une ville attractive tout en laissant des quartiers délabrés" ; reprendre en main les services publics tels que l'eau – "nous renégocierons ce contrat, qui n'est plus acceptable, avec la Stéphanoise des eau" –, la cantine scolaire ou le stationnement payant, qui ne sera pas supprimé mais pour lequel "l'intérêt public doit reprendre le dessus" ; la solidarité, avec la lutte contre la pauvreté et l'accompagnement des personnes âgées ; instaurer une démocratie de proximité, "une quasi révolution", avec la volonté de revoir le fonctionnement des conseils de quartier, qui doivent être ouverts aux associations et aux citoyens qui le désirent.
Voilà pour une partie du programme. Pendant ce laps de temps, un stylo, une feuille ainsi qu'une pochette jaune circulent dans l'assistance. "C'est une feuille de soutien, pas de présence. Vous n'êtes pas obligés de vous inscrire si vous ne le souhaitez pas", précise le socialiste. Au premier rang, on se montre plutôt docile, se refilant assez rapidement la patate chaude.
Régis Juanico intervient, avant de rejoindre une autre réunion, de manière plus incisive pour défendre le commerce de proximité et l'emploi, arguant que "ce quartier a beaucoup d'atouts : une gare, le tram, une histoire, la manufacture, le Giat".
Place enfin à la séance de questions/réponses. Sollicité sur le thème des infrastructures routières, Maurice Vincent répond : "On n'est pas des fanas de l'autoroute, mais nous sommes favorables à l'A45 en plus de l'A47, car il y a un vrai problème de liaison entre Saint-Etienne et Lyon, dans une région dynamique qui gagne des habitants, sauf à Saint-Etienne. Elle ne résoudra pas toutes les difficultés, mais offira de nouvelles possibilités aux entreprises." Concernant le dossier de l'eau, la préfecture de la Loire fait partie des villes au m3 les plus élevés de France. "Il faut gratter les prix et faire prendre plus de dépenses à la charge de la Stéphanoise des Eaux" et pourquoi pas réfléchir au retour d'une régie municipale, a-t-il rétorqué. Quand à Saint-Etienne Métropole, il affirme que "Thiollière a mangé son pain blanc, en multipliant le déficit par six depuis 2001 pour ses grands projets. Il faut revenir sur terre. Je suis donc contre l'allongement de la voie de tram. D'ailleurs, les autres maires lui diront non". En ce qui concerne Geoffroy-Guichard, qui dépend de l'agglomération, Maurice Vincent concède qu'il "devra être modernisé, mis aux normes. Mais il faut faire un stade utile. Pourquoi 50 000 places alors que le stade n'est pas souvent rempli. Pourquoi pas 42 000 ?"
Après quelques échanges à portée très locale, le candidat socialiste a répété sa volonté de ne pas augmenter les taux d'imposition. Et de diminuer les dépenses inutiles, telles que les multiples cérémonies de vœux de la nouvelle année. "La dette de la ville est de 400 millions d'euros, mais on ne peut pas espérer désendetter", a-t-il tempéré pour conclure, après deux heures de dialogue. Une soirée qui s'est conclue autour d'un verre. Quelques spectateurs étaient déjà rentrés chez eux, tandis que d'autres ont choisi d'esquiver la case buvette. Maurice Vincent participera encore à six réunions publiques avant le grand combat, a priori en deux rounds, des 9 et 16 mars.
Pour en savoir plus : maurice-vincent.fr
L'été dernier, Cédric Varrault a quitté le premier et unique club professionnel qu'il a connu. Arrivé chez les Verts sans faire de bruit, le défenseur fait partie des satisfactions individuelles. Bagarreur sur le plan défensif, il sait aussi se muer en contre-attaquant, lui qui a déjà marqué sous ses nouvelles couleurs.
C'est l'une des bonnes surprises d'un recrutement stéphanois guère épargné par les critiques.Pourtant, bon nombre de supporters stéphanois se sont posé des questions lorsque Cédric Varrault a endossé le maillot vert avec pour mission de combler un poste de latéral gauche vacant depuis le départ pour Toulouse de Hérita Ilunga. Car bien que droitier, c'est pour sa polyvalence et son aisance sur le côté gauche, où il a évolué le plus souvent pendant six saisons, que les dirigeants stéphanois l'ont débauché de Nice l'été dernier, à un an de la fin de son contrat. Après tout, comme il le dit lui-même, "défensivement, que ce soit à droite ou à gauche, c’est le même poste".
Titulaire indiscutable et régulièrement capitaine sur la côte d'Azur, Cédric Varrault a semble-t-il été victime du "syndrome Julien Sablé". C'est à dire qu'une partie d'un public qui l'avait jusque là adulé a fini par lui tourner le dos. Depuis l'ouverture du championnat, le peuple vert, lui, n'a pas grand-chose à reprocher à son nouveau joueur.
Il faut dire qu'il incarne des valeurs appréciées du public stéphanois. Le défenseur ne rechigne pas à aller au charbon, en témoignent les séances de pose de points de suture, à l'arcade sourcilière lors de la rencontre face à Marseille puis au coup de pied à Toulouse. Egalement contrarié par une blessure aux adducteurs, le natif de Blois n'a pas encore donné sa pleine mesure. Fort de près de 200 matches parmi l'élite, il reste toutefois incontournable aux yeux de Laurent Roussey, qui se prive rarement de ses services.
Un sacré caractère
Relativement discret depuis son arrivée, Cédric Varrault n'en possède pas moins un caractère bien trempé. Demandez donc au journaliste niçois giflé dans les couloirs du stade du Ray ou au Valenciennois Grégory Pujol, victime mi-janvier d'un tacle très appuyé qui valut un carton jaune à son auteur.
Pour autant, il ne doit pas être catalogué comme un simple "bourrin". Il figure même parmi les latéraux reconnus de notre championnat. Suivi un temps par Marseille et le Paris Saint-Germain, le néo-Stéphanois a justifié cette réputation en démontrant sa capacité à aller de l'avant. Ce fut le cas face à Caen, partie lors de laquelle il offrit le troisième but à Bafé Gomis d'un centre tendu après un relais avec Dimitri Payet, mais aussi au Mans, où il signa de la tête le but du 1 à 1.
Visiblement, son intégration progresse bien. Dans la Loire, le numéro 2 des Verts a trouvé des valeurs qui lui correspondent. De toute façon, l'Aiglon s'était préparé à quitter la région qui l'a vu grandir, à voler de ses propres ailes pour aller tenter l'aventure ailleurs. Ce n'est d'ailleurs pas la première intersaison qu'il discutait avec le club forézien.
Cette fois, la négociation a abouti et c'est un élément ambitieux qui a rejoint l'escouade de Laurent Roussey. "Je suis venu ici pour franchir une étape supplémentaire par rapport à ce que j’ai connu à Nice, nous confie-t-il. (L'ASSE) est vraiment un club dans lequel j’avais envie de venir."
"Nous allons y arriver"
Reste que le classement ne correspond pas forcément aux attentes du début de saison. Cela n'empêche pas le latéral de prôner la patience envers un groupe en construction. Sans pour autant se voiler la face : "Nous avons tout de même été cinquièmes…" A vingt-huit ans – il les a fêtés le 30 janvier –, Cédric Varrault possède une certaine lucidité.
"Ce championnat est serré et que nous ne sommes pas encore distancés, explique-t-il. il faut retrouver vite la première partie. Car le risque est aussi que la seconde partie du tableau se rapproche rapidement." Une situation qu'il a bien connue avec l'OGN. Mais qu'il refuse d'envisager : "Tout le monde vous dira que pour souder un groupe, il faut du temps. Nous sommes tous conscients de ce qu’il faut faire et nous allons y arriver." A cette mission collective, Cédric Varrault doit viser un objectif individuel. Fort d'une acclimatation réussie, il ne lui reste plus qu'à s'affirmer comme un cadre de cette génération "no-limit". Et à enfin remporter des trophées, lui le finaliste malheureux de la Coupe de la Ligue 2006.
Article parue dans l'édition de février de La Gazette des Verts
L'écart s'est resserré entre Saint-Etienne et la zone rouge. Pourtant, les tensions semblent s'apaiser. Mais avec la fin du mercato et l'éventuelle arrivée d'un directeur sportif, le club stéphanois devrait faire parler de lui dans les prochains jours.
Par Rédaction Sport24.com
Franck Talluto
Notre correspondant à Saint-Etienne
Une drôle d'ambiance règne autour de l'AS Saint-Etienne. Treizièmes à la trêve avec cinq longueurs d'avance sur la zone rouge, les Verts ont depuis vu fondre un peu plus sur eux les équipes du bas de tableau. Désormais, seuls trois points les séparent d'Auxerre, premier relégable. Pourtant, la sérénité semble revenue du côté du centre d'entraînement de l'Etrat, où les supporters avaient manifesté leur mécontentement au lendemain de la défaite concédée à Valenciennes. Bizarre, lorsque l'on sait que l'équipe n'a glané que quatre unités lors des trois matches qui ont suivi.
Oui mais voilà, le public voit ses joueurs, à l'image de Blaise Matuidi, faire de nouveau preuve d'une vertu qu'il affectionne : la détermination. Bien que pas toujours sereins, Loïc Perrin et ses coéquipiers ont montré devant Rennes, Bordeaux et Lyon un tout autre état d'esprit, bagarreurs et enfin rassurants en situation défensive, loin de la passivité jusque-là affichée sur les coups de pied arrêtés. Pourtant, l'effectif a dû jongler avec les absences liées la Coupe d'Afrique des Nations, aux blessures et aux suspensions, notamment en Gironde. Sans dommages. Certains éléments-clés se seraient-ils endormis sur leurs lauriers avant de vouloir soutenir leur coach ? Toujours est-il que la pression cristallisée sur Laurent Roussey a coïncidé avec le réveil de son groupe. Une impression confortée avec le détour par le banc de touche de Bafétimbi Gomis après son but face à Lyon dimanche soir.
Un mois de mars décisif
Quelques incertitudes demeurent. Si Roussey avait exprimé son refus de se voir assisté dans une organisation à la lensoise, il n'aurait rien contre une collaboration avec un directeur sportif. Le profil de Henryk Kasperczak, sélectionneur démissionnaire du Sénégal, semblait s'imposer. Aucune décision n'a pour l'heure été officialisée. Côté mercato, on fermera boutique jeudi soir. Pourtant, les dirigeants stéphanois n'ont pas forcément renoncé à engager un voire deux éléments. Priorité à l'attaque. Depuis le départ de Lars Nilsson, seuls David Gigliotti et le jeune Maodomalick Faye (20 ans, sept buts en CFA) pourraient pallier une défaillance de Bafétimbi Gomis, Ilan ayant décidé d'évoluer plus en retrait. Motif d'espoir, les Verts disputeront huit de leurs quinze derniers matches à domicile, où ils se montrent plus efficaces. Surtout, ils vivront un mois de mars décisif avec des déplacements à Marseille et Auxerre et les réceptions à Geoffroy-Guichard de Toulouse, Lens et le Mans. On devrait alors y voir plus clair. En attendant, les Stéphanois disposent de dix jours pour bien préparer leur prochaine rencontre à Strasbourg, puisqu'ils ont déjà dit adieu à la Coupe de France.
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Avec la conception puis l'écriture des Disparus (1), Daniel Mendelsohn s'est attelé pendant cinq ans à un travail de titan. Le qualificatif convient parfaitement pour ce journaliste américain, adepte de la tragédie grecque. Enfant, il avait le don de faire pleurer les vieux juifs de sa famille, installés en Floride, rien qu'en entrant dans une pièce. En cause, sa ressemblance avec Schmiel. "Tué par les nazis" avec sa femme et ses quatre filles est longtemps restée la seule information que le jeune Daniel a pu tirer au sujet du frère de son grand-père.
Un grand-père, justement, qui lui racontait des dizaines d'histoires extraordinaires. Surtout, il les narrait en y apportant de nombreux détails parallèles, superflus au premier abord, mais qui prenaient toute leur importance à l'approche de la chute. Voilà ce qui explique que Daniel Mendelsohn, comme beaucoup d'enfants, se met à reconstituer l'itinéraire de sa famille. Autant par une curiosité aiguisée que pour satisfaire l'envie de passer du temps avec le père de sa mère.
De fil en aiguille, Daniel Mendelsohn devient un as de la généalogie et, bien aidé par les nouvelles technologies (téléphone, Internet), se met sur la piste de ses disparus. Il va remonter leur trace, à la faveur des témoignages de rescapés de Bolechow – petite ville polonaise qui a abrité la famille Jäger pendant plus de trois siècles, devenue depuis ukrainienne et renommée Bolekhiv – dont certains ont disparu pendant l'écriture de l'ouvrage. Pour rencontrer ces survivants des massacres de juifs perpétrés par les Allemands, secondés par des Ukrainiens eux-mêmes affamés par les Soviétiques quelques années plus tôt, l'écrivain n'a pas compté ses heures. Ukraine, Australie, Suède, Danemark, Israël, souvent accompagné d'amis ou de ses frères et sœurs, comme Matthew, "Matt", dont les photos ornent les pages du livre, il a pris le temps et s'est donné les moyens de confronter ces témoignages, pour démêler les faits de certains ragots de l'époque.
Au final, Daniel Mendelsohn compile dans plus de 600 pages un étonnant témoignage sur l'Holocauste. Un récit auquel il dresse en parallèle quelques passages de la Torah. Ce qui pourrait rebuter quelques lecteurs non-initiés, mais ceux-ci ne devront pas se décourager devant certains paragraphes un peu longs. L'ensemble tient la route et, malgré quelques fioritures descriptives, la lecture demeure des plus agréables. Une réussite qui devrait donner bien des idées à des généalogistes en herbe.
(1) Les Disparus, Daniel Mendelsohn, Flammario, 650 pages, 26 euros.
Pour éviter de ralentir le jeu, dix ramasseurs de balle sont postés au bord de la pelouse de Geoffroy-Guichard. Une activité réglementée par la Ligue de football professionnel et assurée par les benjamins de l'AS Saint-Etienne, sous l'œil de bénévoles du club.
Iliès n'est pas peu fier de son coup. Alors qu'il suscite l'admiration de ses acolytes, il reprend tout sourire la route du vestiaire, son trophée sous le bras. Un maillot messin, le seul que les ramasseurs de balle de Geoffroy-Guichard ont pu glaner en ce samedi soir de décembre. Côté stéphanois, seul Moustapha Bayal Sall a eu une petite pensée pour eux. Il a offert ses gants.
Avant de pouvoir se lancer dans la chasse à la verte tunique, les ramasseurs de balle stéphanois ont dû patienter près de trois heures. Petit retour en arrière. Il n'est pas encore 19 heures lorsque Alain Bouderdara et Georges De Mendonsa arrivent au stade. Le rendez-vous avec les enfants et leurs parents est fixé une heure avant le début de la rencontre. Dix des quarante-huit benjamins licenciés à l'AS Saint-Etienne sont convoqués ce soir. Choisis par ordre alphabétique. "Comme cela, il n'y a pas de favoritisme", précise Alain. Retraité bénévole au club depuis de nombreuses années, il s'occupe aussi des moins de 18 ans et de l'intendance auprès des jeunes joueurs.
Regroupés devant l'entrée de la tribune Henri Point, les premiers enfants sont arrivés. On les reconnaît à leur survêtement aux couleurs de leur club et à leurs mines réjouies. Ce que confirme Patrick, papa de Dylan, retenu pour la deuxième fois cette saison après la réception de Marseille : "Il est heureux de venir ce soir, il n'a pas arrêté d'en parler à ses copains." Le papa, qui dispose, comme chacun des dix autres accompagnateurs, d'un billet de match, reconnaît aussi que "c'est sympa de voir son fils sur la pelouse".
"Derrière Janot, mon idole"
En attendant l'ultime retardataire, Alain délivre les premières consignes. Bien que très excités, Djibril, Farès, Mathis et les autres essaient d'être attentifs. Tout sourire, ils passent ensuite les tourniquets et pénètrent dans un Chaudron encore peu garni. Direction le vestiaire qui leur est réservé. Un peu plus tôt, Alain a tout préparé. Survêtement, parka et bonnet de couleur sombre ont pris place sur les portemanteaux. Reste à répartir le tout en fonction des tailles.
Quelques-uns souhaitent prendre les bonnets. "C'est tout le monde ou personne", tranche le responsable, qui procède au vote. La majorité l'emporte, ce sera sans. Une négociation peut en cacher une autre. Place à la répartition de chacun sur le terrain. Un par poteau de corner, un derrière chaque but et deux par ligne de touche. Les postes clés sont confiés aux "anciens", plus expérimentés. Djemin en fait partie. Il veut le numéro 3. Accordé. "Derrière Janot", s'écrie-t-il. Précision du jeune garçon à la crête : "C'est mon idole, je joue au même poste que lui."
La question des places réglées, petite séance de tableau blanc. Le poste de chacun est représenté, notre bénévole passe aux recommandations. "On se concentre, on ne fait pas signe à ses parents, explique-t-il. Soyez prudents, car s'il y a deux ballons sur le terrain, l'arbitre arrêtera le jeu." Après avoir rappelé qu' "on donne toujours le ballon à la main", Alain demande à ses petits protégés de se méfier du terrain, particulièrement glissant ce soir-là. Djibril, qui a eu du mal à s'arrêter de rire quand il le fallait, a tout prévu. Il a chaussé ses crampons.
Le délégué s'en mêle
L'horloge tourne. Dix minutes avant le coup d'envoi, les ramasseurs de balles rejoignent enfin le couloir carrelé qui les conduit au gazon du Chaudron. Une petite chorégraphie leur impose de tourner autour du rond central avant d'aller s'installer.
Alain et Georges, eux, prennent place derrière les panneaux publicitaires côté Henri Point, à hauteur du milieu du terrain. Une position idéale pour s'assurer que tout se passe bien. Ce qui n'est pas vraiment le cas puisque le délégué de la Ligue intervient dès les premières minutes de jeu. Motif : le ballon ne revient pas assez vite sur le terrain. Alain fait le tour du terrain pour rappeler à chacun sa mission. Ce qui, visiblement, ne suffit pas puisque le délégué vient carrément le trouver pour lui répéter le message.
A l'issue d'un premier acte assez triste, les petits Verts déposent leurs ballons dans le filet noir et retournent au chaud. A l'abri du froid mais pas de leurs responsables, mécontents et qui rabâchent les consignes. Cette fois, plus personne ou presque ne rit. Le temps de croquer dans les sandwiches et de prendre une poignée de chips qu'il faut y retourner.
Supporters de leur club
Au cœur de l'ambiance, les jeunes ramasseurs de balle côtoient ce soir d'autres gamins. En l'occurrence ceux du FC Metz, dont les maillots des numéros 33, 34 et 35 ne sont même pas floqués à leurs noms. Des Grenats qui se battent avec leurs armes mais finissent par céder. Lorsque Christophe Landrin ouvre la marque, les benjamins ne manquent pas de fêter le but. Ce qui n'empêche pas Alain de se lancer dans un nouveau tour de stade pour les contrôler.
Juste après le magnifique lob de Pascal Feindouno, l'arbitre siffle la fin de la rencontre. Le sprint démarre pour nos ramasseurs de balle. Avant de pouvoir se lancer à la poursuite de leurs idoles, ils doivent en effet venir dans la direction opposée ranger les ballons. L'agitation ne dure que quelques minutes, les "pros" ont déjà rejoint leurs quartiers. Il est l'heure de retourner se changer et de rentrer à la maison. Si l'un des ramasseurs de balle a gagné sa soirée, les autres se consolent comme ils peuvent, certains espérant secrètement incarner la future idole de Geoffroy-Guichard. Ce soir, les Verts ont gagné. C'est déjà ça. Après tout, "elle était bien cette deuxième mi-temps".
Article paru dans l'édition de décembre de La Gazette des Verts
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